‹ Les derniers jours d'un philosophe entretiens sur la nature, les sciences, les métamorphoses de la terre et du ciel, l'humanité, l'âme et la vie éternelle Humpry DavyChapitre 135 sur 145 · LE VRAI SAVANT · texte numérisé non relu

LE VRAI SAVANT

La chauve-souris et le moucherou volent autour de !a lampe ; mais l'aigle prend son essor vers les cieux, On peut dire malgré cela que les lumières artificielles sont utiles pour tous les yeux. Lorsqu'elles sont destinées à éclairer et non pas à éblouir, elles rendent naturellement de grands services. »

L'illustre chimiste pensait en cela comme tous les hommes supérieurs, dont le cœur dévoué et l'esprit libre trouvent dans la science môme la plus haute récompense de leurs travaux, c. p.

SIXIÈME DIALOGUE

SIXIÈME DIALOGUE

Le port de Pola et ses anciens monuments. Causes de la ruine des monuments de la nature et ^e Y h:*. La gravitation, — la chaleur, — l'eau, — la pluie, — les me^ores, — l'électricité, — l'acide carbonique, — l'oxygène. — . Matéilaux les plus durables. Digression sur la conservation d«s œuvres d'art, et sur les couleurs minérales. — Transformation incessante de la surface de la Terre. — Marche éternelle de l'univers.

Les dialogues qui précèdent ont successivement reproduit les entretiens philosophiques que j'eus l'occasion d'avoir, en mes différents voyages, sur les sujets fondamentaux de la science moderne. En les confiant ici, mon but a été de servir en quelque chose aux âmes anxieuses qui songent parfois aux grands problèmes de la nature. Ce petit recueil de conversations pourrait sans doute se terminer au chapitre précédent, qui laisse à la réflexion des points de vue vastes et féconds; cependant, ayant eu lieu de m'entretenir souvent sur le temps, sur les variations in-

cessantes des choses, sur la destruction et la reconstruction successives et solidaires de tout ce qui existe par les lois mêmes de la nature, je pense que les lecteurs qui m'auront suivi jusqu'ici trouveront quelque intérêt à rêver avec moi à cette force inexorable du temps, avant de fermer le livre des Derniers jours d'un Philosophe.

Pendant mon dernier séjour en Illyrie, je fis une excursion sur l'eau, à Pola 1 , accompagné de l'Inconnu, devenu mou ami, et d'Eubathès.

Nous entrâmes au port de Pola dans une felouque (barque turque) par un magnifique coucher de soleil. Je ne connais pas de tableau plus imposant que l'amphithéâtre de Pola, vu de la mer sous cette lumière. Son temple antique ne paraît pas une ruine, mais plutôt une construction toute récente. L'ombre des couleurs de ses marbres brillants et de ses formes gracieuses , qui se répétaient dans le miroir uni de l'eau limpide, doublait l'effet et présentait la scène comme une

1. Port sur l'Adriatique, ville forte des États autrichiens (Littoral), où l'on remarque les ruines d'anciens temples d'Auguste et de Diane, de bains romains, d'un arc de triomphe et d'un vaste amphithéâtre. C'est un an avant sa mort, en 1828, que Davy séjourna quelque temps à Pola. — Ce dialogue sur le Temps est remarquable par ses considérations originales, c. F.

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