CAUSES DE RUINE. L'ÉLECTRICITÉ
dant il est absolument certain que les choses inanimées varient aussi bien que les êtres vivants; l'équilibre des éléments des pierres est graduellement détruit par l'oxygène, qui tend à réduire en poussière et à rendre propre au sol de culture les agrégats les plus durs qui forment la charpente extérieure de notre globe.
L'électricité, en tant qu'agent chimique, peut être considérée non-seulement comme une cause directe de modifications d'une variété infinie dans l'aspect et la nature des corps, mais encore comme exerçant une grande influence sur toutes les opérations qui se produisent. Il n'existe pas à la surface du globe deux substances qui ne soient pas en relations électriques différentes l'une avec l'autre, et l'attraction chimique elle-même paraît être une forme spéciale de la manifestation de l'attraction électrique. Partout où l'atmosphère, l'eau ou quelque partie de la surface de la terre acquièrent une électricité accumulée d'un ordre différent de celle des surfaces contiguës, cette électricité a une tendance à produire des arrangements nouveaux des parties de ces surfaces. Ainsi un nuage positivement électrisé qui agit sur une pierre mouillée, très-distante même, tend
à attirer ses principes oxygénés ou acides; et un
nuage négativement électrisé opère de la môme sorte sur les matières terreuses alcalines ou métalliques. Or, l'opération lente et silencieuse de l'électricité est beaucoup plus importante dans l'économie de la nature que ses opérations grandioses et sublimes dans la foudre et dans l'éclair.
En résumé, l'influence chimique de l'eau et celle de l'air sont aidées par celle de l'électricité ; et leurs effets combinés, joints à ceux de la gravitation et aux effets mécaniques dont nous avons parlé plus haut, sont suffisants pour expliquer l'œuvre destructive du temps. Cependant les pouvoirs physiques de la nature qui amènent la ruine des choses sont également aidés par certains agents et par Faction des êtres organisés. Du joui 1 où la surface polie d'un monument ou d'une statue devient raboteuse, les semences des lichens et des mousses qui flottent constamment dans notre atmosphère y trouvent un asile, y plantent leurs racines et s'accroissent, et ensuite par leur mort, leur ruine et leur décomposition, produisent une matière charbonneuse qui à la longue forme un petit sol arable que l'herbe vient bientôt tapisser. Dans les crevasses des murs, où ce sol est déposé, les semences des arbres croissent elles-mêmes.