‹ Les derniers jours d'un philosophe entretiens sur la nature, les sciences, les métamorphoses de la terre et du ciel, l'humanité, l'âme et la vie éternelle Humpry DavyChapitre 141 sur 145 · LA CONSERVATION DES ŒUVRES D'ART · texte numérisé non relu

LA CONSERVATION DES ŒUVRES D'ART

por tance de la conservation des objets appartenant à Tordre des beaux-arts. Presque toutes les œuvres dignes de notre admiration actuelle sont dues aux modèles conservés de l'école grecque ; et les nations qui n'ont pas possédé ces œuvres pour modèles ont fait moins de progrès vers le perfectionnement. Il ne semble pas d'ailleurs qu'une simple imitation de la nature suffise pour produire le beau et le parfait; le climat, les mœurs et les coutumes d'un peuple, son génie, et son goût, tout y coopère. Les principes de conservation auxquels Philaléthès a fait allusion sont dignes d'attention. Aucun ouvrage de haute valeur ne doit être exposé à l'atmosphère, et il y aurait un grand intérêt à les conserver dans des salles d'une température uniforme et d'une sécheresse extrême. Les couvertures destinées à protéger les édifices somptueux devraient être formées de matériaux inaccessibles autant que possible à la dissolution par l'eau, ou par l'air. Plusieurs conducteurs électriques devraient y être placés de manière à empêcher les effets lents ou rapides de l'électricité atmosphérique. Quant à la peinture, mon opinion serait d'adopter en principe les couleurs minérales. On devrait même de préférence se servir du lapis-lazuli, ou de verres durs et colorés,

dans lesquels les oxydes ne sont pas sujets à l'altération. Puis le mieux serait d'appliquer ces couleurs de principe minéral sur le marbre J ou sur du stuc encastré dans la pierre; aucune substance animale ou végétale, si ce n'est le carbone, ne devrait Être mêlée aux couleurs ni aux vernis 1 .

Eubatjiès. — Mais quand même on ferait absolument tout ce qu'il est possible d'imaginer pour conserver les chefs-d'œuvre de l'art, on n'obtiendrait encore qu'une différence dans le terme de la

1. Cette opinion sur la supériorité des couleurs minérales provenait précisément du voyage de l'auteur en Italie.

Le prince régent, devenu roi sous le nom de Georges IV, s'intéressait aux fouilles d'Herculanum et de Pompéi, les deux cités romaines ensevelies, en l'an 6D de notre ère, par les cendres d'une éruption du Vésuve. On avait retiré, entre autres, des rouleaux de manuscrits; un livre de Cicéron, le De republiça, que l'on croyait depuis longtemps irréparablement perdu, nous a été ainsi conservé. Mais ces manuscrits, tout en conservant l'intégrité de leurs caractères, étaient complètement carbonisés. Il s'agissait de les dérouler sans les détruire, sans rendre l'écriture illisible. Le souverain de la Grande-Bretagne chargea Davy de résoudre ce difficile problème. Ce fut pour l'illustre chimiste l'occasion de revoir l'Italie.

Davy avait donc quitté une seconde fois l'Angleterre le 26 mai 1818. Son itinéraire le conduisit à travers l'Allemagne. Le 13 juin il était à Vienne, et quatre mois après à Rome. De là il se rendit à Naples, et il commença immédiate-

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