‹ Les derniers jours d'un philosophe entretiens sur la nature, les sciences, les métamorphoses de la terre et du ciel, l'humanité, l'âme et la vie éternelle Humpry DavyChapitre 142 sur 145 · LA CONSERVATION DES ŒUVRES D'ART · texte numérisé non relu

LA CONSERVATION DES ŒUVRES D'ART

durée. D'après ce que notre ami lui-même a établi dans le cours de ses entretiens, il est évident que l'ouvrage d'une main mortelle ne peut être éternel; de même que nulle œuvre due aux efforts d'une intelligence finie ne peut être infinie. Les opérations de la nature, lorsqu'elles sont lentes, ne sont pas moins sûres ; malgré la domination apparente que l'homme peut prendre sur elle pendant un certain temps, la nature est toujours sûre de reprendre ses droits. Par l'homme, les

ment ses opérations sur les manuscrits d'Herculanum. La chimie donnait l'espoir de faciliter ce travail ; mais l'effet d'une carbonisation profonde rendit inapplicable tout procédé de ramollissement. Davy dut se borner à l'indication de quelques moyens propres à mieux détacher les parties adhérentes et à étendre les rouleaux moins imparfaitement qu'on ne l'avait fait jusqu'alors.

Il profita de ce voyage pour étudier la nature des couleurs dont se servaient les peintres de l'antiquité : quelques écailles détachées des murs de Pompéi et d'Herculanum lui suffirent pour démontrer, à l'aide de l'analyse, que ces couleurs, à peu près aussi variées que les nôtres, sont pour la plupart empruntées au règne minéral et d'une préparation parfaite.

Le voisinage du Vésuve devint pour lui l'occasion de vues nouvelles sur la formation des volcans et sur l'état primitif du globe. Il y rattacha en même temps des idées d'un ordre plus élevé, que l'on trouve dans ces Derniers jours d'un Philosophe. ferd. iïoefer.

roches, les pierres et les arbres , arrachés au domaine de la nature, sont transformés en palais, en demeures, en vaisseaux; par lui, les métaux trouvés au sein de la terre sont employés comme instruments de puissance, et les sables et les argiles qui constituent la surface sont par la main humaine métamorphosés en ornements, en objets de luxe. Par l'homme, l'air est emprisonné dans l'eau, et l'eau torturée par le feu; et sa puissance merveilleuse retourne, modifie, détruit la forme naturelle des choses. Mais, après quelques lustres, ses œuvres commencent à déchoir ellesmêmes, et, en quelques siècles, disparaissent dans la poussière des décadences. Ses temples splendides, édifiés sous le souffle d'une inspiration divine, ses ponts de granit et de fer jetés sur des abîmes, les créneaux jadis terribles de ses noirs remparts, les murailles et les tours de ses forteresses, enfin les monuments funèbres par lesquels il croyait investir de l'éternité ses restes périssables : tout disparaît avec la cendre des générations. Les constructions solides qui résistent aux vagues de l'Océan , h l'orage du ciel, aux coups de foudre, succombent sous les lentes caresses de la douce rosée du matin, sous la main de la gelée qui les effleure, sous les gouttes de pluie,

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