‹ Les derniers jours d'un philosophe entretiens sur la nature, les sciences, les métamorphoses de la terre et du ciel, l'humanité, l'âme et la vie éternelle Humpry DavyChapitre 143 sur 145 · MARCHE ÉTERNELLE DE L'UNIVERS · texte numérisé non relu

MARCHE ÉTERNELLE DE L'UNIVERS

sous la molécule de vapeur et sous les influences imperceptibles de l'atmosphère. Comme le ver ronge les fibres de la beauté humaine , ainsi le lichen, la mousse et les plantes les plus insignifiantes se nourrissent des colonnes gracieuses et des pyramides gigantesques construites de sa main, « et les insectes les plus humbles sapent le fond de ses œuvres colossales, établissant sans scrupules leur demeure dans les ruines de ses palais et sous le trône croulant de sa gloire terrestre. Philaléthès. — Votre tableau des lois de la * destruction fatale des formes matérielles me rappelle notre discussion d'Àdelsberg. Les changements de l'univers matériel s'harmonisent avec ceux auxquels est soumis le corps humain, dans lequel vous voyez une construction organique formée par le principe vital. Ne pensez-vous pas que l'on puisse émettre l'idée que le monde visible et tangible, dont nous avons connaissance par nos sensations, soit dans le même rapport avec l'intelligence divine que notre enveloppe organique est à notre âme ? Seulement avec cette différence que, dans les métamorphoses du système divin, la ruine ne peut exister, parce qu'il y a unité absolue dans l'ordre du monde, et que toutes les forces dépendant d'une seule volonté qui les a

voulues sont balancées parfaitement et inaltérablement. Newton semblait craindre que, dans les lois des mouvements planétaires, il n'y eût un principe qui amenât finalement la destruction du système. Laplace, en poursuivant et en vérifiant les principes du grand philosophe anglais, a prouvé que les causes qui paraissaient devoir amener la fin du monde sont en réalité une fonction tempérant le mécanisme du système; de sorte que le principe de conservation est aussi éternel que celui du mouvement.

L'Inconnu. — Je n'o^e pas présenter de théories sur ce sujet sublime et imposant. L'esprit humain peut à peine comprendre la cause des phénomènes de la physique élémentaire, tels que la chute d'un aérolithe ou les effets de la foudre; il ne peut embrasser dans un seul coup d'œil la millionième partie des objets qui l'environnent, et cependant nous avons la vanité de raisonner sur l'univers infini, et même sur l'Espri* éternel qui l'a créé et qui le gouverne. Sur ces sujets, la sagesse consiste, selon moi, à ne pas se prévaloir des prétendues grandeurs de la raison humaine, et tout en reconnaissant les vérités proclamées par la science et la conscience, à s'abstenir de définir un infini que nous ne comprenons point.

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Pjiilaléthès. — Ma croyance est que toute théorie métaphysique sur la marche éternelle de l'univers doit, ava nL-lmiU. prendre pour base la Aj IbLchrétieane. Or, puisque nous sommes assurés par la révélation que Dieu a le don unique de toute-puissance et d'ubiquité, il me semble qu'il n'y a rien d'inconvenant à nous servir de nos facultés pour reconnaître, même dans l'univers matériel , les œuvres de sa puissance et les résultats de sa sagesse, et nous élever de notre esprit fini à la pensée infinie. Il faut se souvenir que l'homme a été créé à l'image de Dieu; et, à mon avis, l'on ne peut douter que dans le progrès des sociétés il ne soit devenu par son travail et le déploiement de ses forces un grand instrument pour organiser l'univers moral. En " comparaut les Grecs et les Romains avec les Assyriens et les Babyloniens , ainsi que les anciens Grecs et les anciens Romains avec les nations du christianisme moderne, il me paraît incontestable qu'il y a manifestement une grande supériorité dans les nations modernes, et que leur progrès est dû à un état intellectuel et religieux plus élevé que dans les époques antiques.

Si ce petit globe que nou| habitons a été ainsi modifié dans sa valeur intellectuelle par ses habi-

tants actifs et puissants, je suis porté à croire que, . dans les autres mondes et les autres systèmes pla- • nétaires, des êtres doués d'une nature supérieure ont, sous Tinfluence de la volonté divine, agi d'une manière plus éclatante encore. L'Écriture nous enseigne qu'il existe des intelligences d'une nature plus élevée que celle de l'homme. En me souvenant de ma vision du Colisée, je ne puis m 'empêcher de supposer que ces génies ou séraphins ne puissent exercer sur la nature quelque action puissante, analogue à celle que j'ai cru voir, par exemple, dans la sphère de Saturne, où les habitants paraissent diriger la météorologie de leur monde.

D'après les observations astronomiques, il est certain que de grands changements arrivent dans le système des étoiles fixes. Sir William Herschel paraît croire qu'il a saisi au télescope des nébuleuses ou de la matière cosmique lumineuse en voie de former des soleils; les astronomes pensent que certaines étoiles se sont éteintes, mais il est plus probable qu'elles ont disparu par suite de mouvements particuliers. Je vais sans doute exprimer ici une idée plus poétique que savante, et cependant je ne puis renoncer à l'opinion que des intelligences angéliques

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