‹ Les derniers jours d'un philosophe entretiens sur la nature, les sciences, les métamorphoses de la terre et du ciel, l'humanité, l'âme et la vie éternelle Humpry DavyChapitre 31 sur 145 · ROME · texte numérisé non relu

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que vers l'autorité de la démocratie et même de l'oligarchie. Il était, en un mot, catholique et royaliste.

Mon autre ami, que j'appellerai Onuphrio, était d'un caractère bien différent. Appartenant à l'aristocratie anglaise, il gardait quelques-uns des préjugés ordinairement attachés à la naissance et au rang; mais ses manières étaient douces, son caractère était excellent et disposé à la bienveillance. Son éducation ayant été faite en partie dans une université du nord de la Grande- Bretagne, il avait adopté, en matière de religion, des vues qui allaient même au delà de la tolérance, et pouvaient être regardées comme frisant le scepticisme. C'était un protestant indépendant, si je puis le qualifier ainsi. Pour un patricien, il était vraiment libéral dans ses opinions politiques. Son imagination était poétique et expansive; son goût éprouvé ; son tact extrêmement délicat, si exquis même , qu'il approchait parfois d'une sorte de sensibilité morbide qui l'impressionnait des plus légers défauts, et le rendait très-sensible aux perfections inaperçues auxquelles Te commun des mortels reste indifférent.

Un jour, vers le commencement d'octobre, et par une belle après-midi, je me fis conduire en

compagnie de ces deux amis au Colisée, monument que je ne pouvais me lasser de contempler. Lorsque nous nous trouvâmes au milieu de ces vestiges du passé, nous échangeâmes entre nous les idées diverses qu'ils nous inspiraient. Bientôt une conversation toute spéciale s'établit sur ce sujet. C'est elle que je vais rapporter tout d'abord. - « Quelle impression descend de ces ruines! disait le noble patricien Onuphrio ; quelle idée elles nous inspirent sur la puissance oubliée des Romains d'autrefois ! quelle magnificence de dessein, quelle grandeur d'exécution! Si nous ne possédions pas les documents historiques qui nous font connaître la période pendant laquelle cet édifice fut élevé, et le but pour lequel on l'imagina, on croirait voir l'œuvre d'une race de géants, quelque chose comme la salle de conseil de ces Titans que l'on raconte avoir combattu contre les dieux de la mythologie païenne ! Le volume des masses de travertin 1 dont il est com-

{ . Le travertin est une pierre de la densité du marbre, que Ton trouve surtout en Italie, et qui a servi à la construction d'un grand nombre d'édifices romains. L'auteur expliquera sa formation géologique, en même temps que celle des autres bancs de pierre, au troisième Dialogue de cet ouvrage, c. F.

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