‹ Les derniers jours d'un philosophe entretiens sur la nature, les sciences, les métamorphoses de la terre et du ciel, l'humanité, l'âme et la vie éternelle Humpry DavyChapitre 39 sur 145 · RETOUR VERS LES TEMPS PASSÉS · texte numérisé non relu

RETOUR VERS LES TEMPS PASSÉS

avaient des armes garnies de silex 1 ou d'arêtes de poisson ; ils s'en servaient pour détruire des oiseaux, des quadrupèdes et des poissons, dont ils se nourrissaient sans les préparer par la cuisson . Leur plus grand régal semblait être certains vers, ou larves, qu'ils cherchaient avec une grande patience dans les bourgeons des palmiers.

Quand mes regards tombèrent sur les aspects variés de cette scène mélancolique, qui était alors éclairée par un soleil levant, j'entendis de nouveau la même voix qui m'avait surpris au Cotisée.

Elle me disait : « Contemple la naissance des temps. Considère l'homme dans son état nouvellement créé r plein de jeunesse et de vigueur. Admires -tu ou envies-tu quelque chose de cet état? » — Comme ces dernières paroles se faisaient entendre, je fus de nouveau emporté par un rapide essor, et je me sentis sous la puissance d'une force implacable qui m'entraînait sur un fleuve

1 . Il semble que Sir Humphry Davy ait prévu les découvertes récentes sur l'âge de pierre et des cavernes, auquel succéda l'âge de bronze. La continuation de ce récit montrera combien la doctrine du progrès est plus acceptable pour la raison humaine que la doctrine de la déchéance, c. F.

d'air. L'obscurité m'enveloppa de nouveau comme précédemment, et me tint pendant quelques instants dans une nuit profonde.

Bientôt une clarté indistincte se manifesta de nouveau devant mes yeux, et un vaste pays m'apparut, en partie inculte et en partie cultivé. Il y avait moins de bois et de marécages que dans la scène précédente. Les hommes étaient couverts de peaux de bêtes, et faisaient paître les bestiaux dans des pâturages fermés. Ici on voyait les cultivateurs occupés à la moisson ; là on voyait des moulins broyer le blé en farine ; plus loin on devinait la fabrication et la cuisson du pain. Les chaumières étaient fournies de toutes les commodités de la vie champêtre. Ce peuple était dans cet état de progrès pastoral et agricole que les poètes ont imaginé comme appartenant à l'âge d'or. La même voix, que j'appellerai celle du Génie, ajouta : ce Regarde ces groupes d'hommes qui sont sortis de l'état d'enfance ; ils doivent leur propre avancement à quelques esprits supérieurs existant au milieu d'eux. Cet homme vénérable que tu observes là-bas, entouré d'une foule, leur enseigne à bâtir des chaumières ; de cet autre ils ont appris la domestication de certaines races animales ; d'autres, ils ont encore appris à con-

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