PRÉFACE DU TRADUCTEUR. III
ruisseau gazouillant, dont les bords sont peuplés de la société des petites fleurs bleues penchées jusqu'au courant limpide ; on suit une allée obscure sous de longues voûtes de feuillage épais, d'où descend
' avec le silence et l'ombre la paix mélancolique des heures solitaires ; une clairière s'ouvre, une fontaine étend ses eaux immobiles, et les chants animés des oiseaux sautillants font oublier la rêverie intérieure pour la contemplation de la vie dans la
•nature. Quelques pas encore, et le voyageur, qui déjà a vu différents mondes se succéder devant ses regards, trouve transporté aux plus lointaines époques de notre histoire, car il vient de s'asseoir au pied d'un vieux dolmen druidique, et retrouve intact, après deux mille hivers, le monument de pierre élevé par nos grands aïeux au culte de l'Éternel. Au coucher du soleil, tandis que l'astre du jour s'enfonce lentement dans la mer, nous distinguons