‹ Les derniers jours d'un philosophe entretiens sur la nature, les sciences, les métamorphoses de la terre et du ciel, l'humanité, l'âme et la vie éternelle Humpry DavyChapitre 44 sur 145 · LE PROGRÈS DANS L'HUMANITÉ · texte numérisé non relu

LE PROGRÈS DANS L'HUMANITÉ

méprisées, et nous devons croire que ces esprits d'élite ont un plaisir bien grand et bien pur dans leur recherche de la vérité, pour se sacrifier, comme ils Font fait dans toutes les circonstances de la vie, afin d'offrir à leurs frères les bienfaits de leurs découvertes. Anaxagore, Archimède, Bacon, Galilée, dans leur martyre et dans leur mort, nous laissent de brillants exemples, et rien n'est plus frappant que l'ingratitude des hommes envers leurs bienfaiteurs. Plus tard, quand tu comprendras le plan de l'univers, tu trouveras que l'ensemble est gouverné par un principe immuable de justice. J'ai dit que dans le progrès tout grand événement se perpétue ainsi : le môme blé qui, il y a quatre mille ans, s'est produit d'un végétal, invention de Cérès, forme encore aujourd'hui la nourriture principale de la famille humaine ; et la pomme de terre, peut-être le meilleur produit que nous ayons reçu du nouveau monde, s'étend sur l'Europe, et nourrira une immense population, alors môme que le nom des 1 indigènes qui l'ont cultivée les premiers sera entièrement oublié.

« Maintenant j'ai hâte de te faire remarquer quelques lois qui t'aideront à reconnaître les principes de la vie.

« Y a-t-il quelque chose de plus soumis au hasard que le sexe d'un enfant? Cependant, dans toute grande ville comme dans toute province, les relations entre les sexes se perpétuent dans leur inaltérable dualité. Dans un autre ordre d'idées, une partie de l'atmosphère pure se consume dans la combustion et la respiration ; les végétaux pendant leur vie rétablissent l'équilibre. Rien ne paraît plus fortuit que les porportions entre la vie végétale et la vie animale, et pourtant Tune est exactement la corrélation de l'autre. L'équilibre des sexes comme la constitution durable de l'atmosphère nous décèlent un seul principe intelligent.

« Dans la chute de l'empire romain, on voit un peuple épuisé par le luxe devenir la conquête des barbares, et les géants du Nord et de l'Est s'entremêler avec les myrmidons du Sud et de l'Ouest. Un empire fut renversé, mais une nouvelle race plus vigoureuse de corps et d'esprit, — conséquence des alliances des hommes du Nord avec les femmes du Midi, — y jeta la semence d'un progrès physique et moral. Les conquêtes des ambitieux et les migrations des races , quoiqu'elles aient pour moteur un but bien opposé , ont toujours eu le même résultat : le perfectionnement des diverses familles de la terre. Un conquérant dans

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