LA VIE ÉTERNELLE, C
de s'élever éternellement vers la possession du vrai et du bien par la loi universelle du progrès indéfini.
a De la hauteur à laquelle tu as été transporté, ajouta le Génie en terminant, je pourrais maintenant te faire descendre dans les régions basses, ad inferos, et te montrer des natures intellectuelles inférieures même à celles qui appartiennent à la Terre, soit dans votre Lune, soit dans les planètes subalternes, et je pourrais te démontrer comment la douleur et le mal moral servent dans le plan général à l'élévation des natures spirituelles; mais je ne veux pas détruire la beauté de ton idée présente du plan de l'univers par le triste tableau des effets des mauvaises passions, et par l'exemple de la manière dont le mal est corrigé et détruit. Il est préférable que ta vision soit terminée ici par la contemplation glorieuse des habitants des mondes cométaires que tu viens de faire , et par le tableau des destinées générales des âmes que je viens de te décrire. Je ne puis te montrer les êtres du système auquel j'appartiens moi-même, celui du Soleil, tes organes périraient devant notre éclat; et tout ce que je puis faire c'est de m'ètre rendu présent à toi comme le son d'une voix intellectuelle. Nous aussi nous
sommes en progression, mais nous voyons et nous connaissons quelque chose des plans de la Sagesse infinie ; nous sentons la présence personnelle de cette Divinité suprême que vous ne faites qu'imaginer. À vous la foi, à nous la science. Nos plus suaves délices sont la conviction où nous vivons de savoir que nous sommes des lumières allumées par Sa lumière et que nous appartenons à Sa substance. Obéir, aimer, admirer, adorer : telles sont nos relations avec l'Intelligence infinie. Nous sentons que Ses lois sont celles de la justice éternelle, et qu'elles gouvernent toutes choses, depuis les plus glorieuses natures intellectuelles appartenant au Soleil et aux étoiles fixes, jusqu'à la plus mince étincelle de vie animant un atome de matière sur la plus modeste des planètes habitées. »
Ici la douce et sympathique voix cessa de se faire entendre. Il me sembla que je tombais. Une langueur inconnue sembla envelopper mes membres, puis les rendre soudain à la circulation de la vie. Un frisson parcourut tout mon corps; puis, sans efforts, je me sentis réveillé de cette extase à l'appel de mon nom, crié par mon domestique qui me cherchait dans les ruines. — Mes amis
LA PLURALITÉ DES MONDES. <Ti
m'attendaient au palais F Je me laissai conduire à ma voiture, qui stationnait depuis une heure à l'entrée du Colisée.
Il serait superflu d'exposer ici combien nous avons été heureux de trouver dans l'illustre chimiste la confirmation de nos croyances les plus chères. C'est là un témoignage de plus que la doctrine de la Pluralité des Mondes habités a été sentie et partagée par tous les esprits adonnés à l'élude de la nature. Sir Humphry Davy découvre dans sa vision imaginaire les populations célestes qui vivent à la surface des autres terres de notre système. 11 offre ainsi sa conviction intime à l'illustration de notre grande doctrine. Voilà le point important et significatif de la part du savant auteur des Derniers jours d'un Philosophe.
Quant à la forme, c'est une question de détail et d'appréciation individuelle. Sans doute, il ne manquera pas de paraître étonnant à nos lecteurs que le philosophe extatique du Colisée ait muni les habitants de Saturne de tubes organiques et les ait fait flotter dans l'atmosphère saturnienne. Ce sont là des formes, on en conviendra, singulièrement originales. Mais nous avons démontré (te Mondes imaginaires et les Mondes réels, 7 e édition, p. H 3 à 133), dans notre chapitre sur a le type humain sur les les autres Mondes et la forme des êtres vivants, » que les habitants des autres planètes diffèrent certainement de nous dans leur forme. Quoique nous ne puissions nous représenter une intelligence pensante et active que sous notre forme humaine et dans un cerveau semblable au nôtre, quoique nos sens actuels nous paraissent absolument nécessaires aux manifestations de la vie intellec-