‹ Les derniers jours d'un philosophe entretiens sur la nature, les sciences, les métamorphoses de la terre et du ciel, l'humanité, l'âme et la vie éternelle Humpry DavyChapitre 62 sur 145 · SUR L'ÉTAT PRIMITIF DE L'HOMME · texte numérisé non relu

SUR L'ÉTAT PRIMITIF DE L'HOMME

ties de l'univers visible et même des pierres. La difficulté que les législateurs divins des Juifs eurent à conserver la pureté de leur foi, au milieu des idolâtres de leur entourage, est une preuve de la mauvaise tendance de l'esprit humain après la chute. Et si Ton veut se donner la peine de considérer la nature de la loi de Moïse, et la manière dont elle fut suspendue avant la fin de l'empire romain , — le sacrifice expiatoire du Messie,

— la crainte de la mort détruite par l'espérance de l'immortalité établie dans le Christ ressuscité,

— et les triomphes du christianisme sur les païens au temps de Constantin, — je crois que l'on ne peut manquer de reconnaître la vérité logique de la religion révélée, basée sur l'histoire primitive de l'homme. Or, celui qui reconnaît la justice de cette vérité doit, je crois, être peu satisfait du tableau qu'a tracé Philaléthès, ou son Génie, du prétendu progrès de l'humanité, où l'on ne trouve que des résultats vagues et faux de la raison humaine trop vantée.

Onuphrio. — Je crains de vous offenser, mon cher narrateur ; cependant, je ne puis m'cmpêcher de faire un peu l'apologie des résultats philosophiques dus à l'exercice de la raison humaine, à laquelle, il faut l'avouer, vous n'attribuez pas

du tout sa valeur véritable. Je partage l'opinion de Philaléthès que le don le plus noble que Dieu ait fait à l'homme est celui de la raison. Aussi je ne puis admettre que votre manière de considérer la condition humaine dans le paradis terrestre, la chute et le progrès de la société, soit en aucune façon conforme aux idées que nous devons nous former des institutions d'un Être puissant et infini. D'un autre côté, vous parlez de la justesse de vos opinions; évidemment vos idées sur la raison diffèrent des miennes , ou bien nous avons adopté des formes différentes de logique. Moi, je ne trouve dans l'histoire biblique aucune idée d'une Intelligence suprême, conforme à celle des philosophes grecs; au contraire, je trouve Jéhovah partout dépeint comme un puissant être matériel, doué d'organes, de sentiments et de passions semblables à ceux d'un grand agent hu- - main. On le représente ayant fait l'homme à son image, marchant au jardin dans la fraîcheur du soir, content des sacrifices d'actions de grâces, se courrouçant contre Adam et Èye, maudissant Caïn pour son crime de fratricide, et même fournissant à nos premiers parents des vêtements destinés à cacher leur nudité. Plus loin, il parait sous une forme matérielle au milieu des flammes,

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