‹ Les derniers jours d'un philosophe entretiens sur la nature, les sciences, les métamorphoses de la terre et du ciel, l'humanité, l'âme et la vie éternelle Humpry DavyChapitre 66 sur 145 · LE SENTIMENT RELIGIEUX · texte numérisé non relu

LE SENTIMENT RELIGIEUX

des objets inanimés; mais cette manière de juger notre foi est absolument fausse. Nous ne les considérons que comme des symboles, représentant des saints existant dans le ciel, et ce n'est pas* plus de l'adoration que chez le protestant quand il baise sa bible comme adjuration solennelle. Le passé, le présent et l'avenir, étant identiques pour l'Intelligence divine et infinie, et l'homme ayant été créé pour le bonheur, la discipline morale et religieuse qu'il devait subir a été conforme à ses facultés progressives et aux premières lois de sa nature. Je ne puis trouver qu'une analogie, et peut-être est-elle un peu grossière : c'est celle de comparer l'Être suprême à un bon père qui, désireux de s'assurer du bien-être de ses enfants, se voit forcer d'adopter un système de récompenses et de punitions, qui parle d'abord aux sens et plus tard à l'imagination et à la raison. Il cause l'effroi par l'exemple des autres, et éveille l'amour de la gloire en montrant la distinction et les honneurs dont jouissent les hommes supérieurs lorsqu'ils se sont conduits d'une façon particulière. Après avoir éveillé la crainte de la honte et l'amour de la gloire et de l'honneur, par ce résultat conféré à des actions temporaires, il applique cette influence à la vie entière, et trans-

forme un sentiment momentané en un principe permanent et immuable. L'obéissance de l'enfant à la volonté d'un tel père peut se comparer à la foi et à l'obéissance à la volonté du Tout-Puissant. L'enfant obstiné et revêche, qui raisonne et donne tort à un bon père, est à peu près dans le même cas que l'homme qui met en doute s'il y a du bon dans les œuvres de la Providence, ou de l'harmonie dans le plan de l'univers moral.

Oistphrio. — Lors même que j'admettrais la perfection de votre système moral de la religion, et en le supposant approprié à la nature humaine, je trouve encore impossible de croire aux premières doctrines sur lesquelles est basé ce système. Vous condamnez l'esprit divin \. le Créateur des mondes infinis, à prendre la forme humaine ! à naître d'une vierge! vous rendez le Dieu éternel et immortel victime d'une punition honteuse, en supposant qu'il ait été soumis à la mort sur la croix, qu'il ait repris sa vie après trois jours, et qu'il soit remonté au ciel avec son corps meurtri !

Ambrosio. — Jevois que, comme tous les sceptiques, vous interprétez les Écritures à votre façon, et mesurez le pouvoir divin au mètre de la raison humaine. L'esprit éternel et infini, comme je l'ai déjà dit, approprie les doctrines de la religion aux

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