‹ Les derniers jours d'un philosophe entretiens sur la nature, les sciences, les métamorphoses de la terre et du ciel, l'humanité, l'âme et la vie éternelle Humpry DavyChapitre 71 sur 145 · LA RELIGION NATURELLE · texte numérisé non relu

LA RELIGION NATURELLE

qui se déroule à nos pieds, ces objets sont presque les mêmes qu'ils étaient hier au soir, seulement, plus rayonnants et plus beaux ; quelque chose de plus doux à l'orient, de plus vaporeux et brumeux à l'ouest. Je suis de même porté à croire que notre nouvel état d'existence sera analogue à celui-ci, et que cet ordre de choses n'en diffère pas essentiellement.

C'est ainsi que j'aime à me représenter la vie future. Je deviens, vous le voyez, un chrétien philosophe; à vrai dire, cependant, je ne puis comprendre ni accëpter toutes les vues que vous avez développées, quoique au fond je ne demande pas mieux.

àmbrosio. — Votre désir, s'il est sincère, sera accompli. Fixez votre puissante et grande intelligence sur l'harmonie du monde moral comme vous le faites depuis si longtemps sur Tordre de l'univers physique, et vous verrez que le plan de l'intelligence divine se manifestera également en chacun d'eux. Songez à la bonté et à la miséricorde de l'Omnipotence, et soutenez vos contemplations par les sentiments de dévouement et par vos aspirations et vos prières à la source de toute connaissance; attendez humblement la lumière qui ne tardera pas à se montrer bientôt à votre esprit.

Onuphrïo. — Ah! voici que de nouveau vous me mettez dans la perplexité. Je ne puis croire que les adorations et les offrandes d'une créature aussi faible que moi puissent influencer en rien les décrets du Tout-Puissant.

Ambrosio. — Vous ne me comprenez donc pas encore? Quant à influencer l'Esprit suprême de la sorte, ce serait sans doute là un peu trop de présomption. Mais les prières et les aspirations agissent sur râme, et perpétuent une habitude de reconnaissance et d'obéissance qui ne peuvent qu'aboutir à la foi religieuse coiriplète. Ainsi les affections se disciplinent, et le cœur se prépare a recevoir et à conserver tout sentiment bon et pieux. Celui qui passe de l'obscurité à l'éclat brillant du soleil se trouve ébloui et ne peut voir distinctement les objets qui l'environnent; mais dans une lumière faible il acquiert peu à peu la faculté de supporter la clarté du grand jour, et non-seulement il s'y accoutume, mais sa vue y puise de nouvelles délices et peut en recevoir une instruction féconde. Dans les contemplations pieuses que je vous recommande, vous verrez s'ouvrir l'aurore de la foi, et elle vous amènera plus tard à supporter la pleine splendeur de son soleil.

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