LA MALARIA
duit lentement la substance appelée chlorine, bien connue dans la chimie pour détruire la contagion. Un de mes amis, qui habite l'Italie depuis longtemps , et qui en a fait des expériences nombreuses , en s'exposant air danger de la fièvre dans les saisons et les endroits les plus mauvais, m'assure qu'il considère la chlorine comme un préservatif complet. Je n'en suis pas convaincu, mais cela ne peut pas faire de mal; et^ sans attendre plus d'évidence de son utilité, j'en fais l'emploi sans y ajouter une absolue confiance, attendu que, pour en faire l'expérience, je ne veux point m'exposer comme mon ami dont j'ai parlé —Plusieurs hommes de science, luirépondis-je,
1 . On sait que l'on doit à Sir Humphry Davy lui-môme la découverte du chlore, c'est-à-dire la démonstration de la simplicité de l'acide muriatique oxygéné. Berthollet, puis Gay-Lussac et Thénard avaient en vain essayé de désoxyder l'acide muriatique oxygéné; mais la théorie régnante de Lavoisier, enseignant que l'oxygène était l'élément unique de la combustion, les avait empêchés d'arriver à la solution du problème. La chimie doit à Davy d'avoir démontré que ce prétendu acide, obtenu pour la première fois par Scheele, est un corps simple, et qu'en le combinant avec l'hydrogène il forme l'acide muriatique. L'ingénieux chimiste donna d'abord à cette substance le nom de chlorine, du mot grec chloros (jaune-verdàtre), à cause de la couleur de ce gaz. On finit par le distinguer
et en particulier Brocchi ont mis en doute l'existence dans l'atmosphère de toute substance spécifique produisant les fièvres intermittentes dans les pays marécageux et les climats chauds. Aussi, continuai -je, est-on plus disposé à attribuer la maladie à des causes physiques , dépendant des grandes différences de température entre le jour et la nuit, et aux effets réfrigérants des
plus simplement sous le nom de chlore, et c'est le nom qu'il porte déGnitivement aujourd'hui.
Tout le monde connaît les propriétés désinfectantes du chlore.
La découverte de l'iode, — substance dont les propriétés chimiques ont la plus grande analogie avec celles de la précédente,— faite également par Sir Humprhy Davy à la môme époque (1813), — imprima les plus grands progrès à la nouvelle théorie chimique. Ces années sont des plus mémorables dans l'histoire de la chimie, c. F.
1. Géologue italien (né en 1772, mort en 18261, publia entre autres un mémoire très-travaillé sur l'air de Rome et des environs, un grand ouvrage dello Stato Fi- .sico.del suolo diRoma, et des études géologiques et météorologiques.
Cette même question de l'existence dans l'atmosphère de corpuscules, germes et animaux, donnant les fièvres, le choléra, les épidémies, a été remise à l'ordre du jour en ces dernières années. Nos lecteurs connaissent entre autres les idées de M. Raspail , et les observations de M. Pouchet d'une part, comme celles de M. Pasteur d'autre part. Le problème n'est pas encore résolu, c. f.