‹ Les derniers jours d'un philosophe entretiens sur la nature, les sciences, les métamorphoses de la terre et du ciel, l'humanité, l'âme et la vie éternelle Humpry DavyChapitre 80 sur 145 · FORMATION DU MARBRE · texte numérisé non relu

FORMATION DU MARBRE

solide et d'une couleur grise, mais avec des cavités, résultat, je crois, de la décomposition de la matière végétale.

J'ai passé des heures entières, et je puis dire des jours, dans l'étude des phénomènes de ce lac mystérieux, ajouta l'inconnu, d'une voix plus lente et plus grave. Ils ont éveillé dans mon esprit bien des sujets de pensée en rapport avec les changements primitifs de notre globe, et parfois j'ai laissé mes raisonnements se développer, depuis les formes des plantes et des animaux conservés dans le marbre de cette source chaude jusqu'aux grands dépôts des roches secondaires, -où des zoophytes, des coraux, etc., ont travaillé sur une plus grande échelle, et où des palmiers, des végétaux actuellement inconnus, ont été conservés avec des dépouilles de crocodiles, de tortues et d'animaux gigantesques éteints, du genre saurien , colosses qui semblent avoir appartenu à une époque où le globe entier possédait une plus haute température. De la même manière, les phénomènes remarquables qui se passaient autour de moi dans ce heu m'amenèrent souvent à comparer les œuvres de l'homme avec celles de la nature.

Les bains qui y furent construits il y a presque

vingt siècles ne sont à présent qu'un monceau de ruines, et même les briques dont ils furent bâtis, §

. . quoique durcies par le feu, sont réduites eç poussière. Au contraire, les masses de travertin d'alentour, quoique formées, par une source variable, des matériaux les plus destructibles, se sont endurcies avec le temps, et les restes les plus parfaits des ruines grandioses de la ville éternelle, tels que les arcs de triomphe et le Colisée, doivent leur

. durée à cette cause. Donc , d'après tout ce qu'on peut savoir, sauf quelques changements peut-être dans ses dimensions, ce lac est presque dans le même état que Pline Ta décrit il y a dix-sept cents ans, avec ces mêmes îles flottantes, ces mêmes plantes et ces mêmes insectes. Je le connais depuis quinze ans, et il m'a toujours paru sous ces rapports précisément identique, et cependant il a le caractère d'un phénomène accidentel dépendant du feu souterrain. Combien merveilleuses sont ces lois par lesquelles se conservent les types même les plus humbles de l'existence organique, lors même qu'ils sont nés au milieu des causes de eur destruction. Par ces lois- admirables, une espèce d'immortalité est donnée à ces générations qui flottent pour ainsi dire, comme des bulles d'air passagères, sur un courant échappé des pro-

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