‹ Les derniers jours d'un philosophe entretiens sur la nature, les sciences, les métamorphoses de la terre et du ciel, l'humanité, l'âme et la vie éternelle Humpry DavyChapitre 82 sur 145 · L'EAU ET LE FEU · texte numérisé non relu

L'EAU ET LE FEU

destinée à produire et non à détruire. Lequel des deux est vrai ?

— C'est là le vice général des systèmes philosophiques, répliqua 1 étranger. Ils sont ordinairement fondés sur quelques faits dont ils fournissent l'explication , et l'imagination humaine les étend ensuite à tous les phénomènes de la nature, pour un certain nombre desquels ils doivent être contradictoires. L'intelligence humaine est tellement faible, qu'elle ne peut embrasser qu'avec difficulté une simple série de phénomènes : elle se montre impuissante toutes les fois qu'elle veut s'étendre à l'ensemble de la nature. Veau, par ses opérations communes, telles que sa précipitation de l'atmosphère sous forme de pluie, sa circulation dans les torrents, tend à niveler et à dégrader la surface de la terre, et emporte des matériaux du sol au sein de l'Océan. Le feu, au contraire, dans les éruptions volcaniques, a généralement pour effet d'élever des montagnes ; par lui la surface est exhaussée et des îles sont créées, même au milieu de la mer. Cependant ces lois ne sont pas invariables, comme le prouvent les cas dont nous nous entretenons, et les parties de la surface du globe sont souvent détruites même parle feu, comme cela se montre

dans les champs Phlégréens. Parfois aussi des îles soulevées par une éruption volcanique ont été englouties dans la mer par d'autres mouvements du sol. Enfin, dans la nature il n'y a pas de hasard. Ce mot ne cache que notre ignorance de la cause. Nous qualifions ordinairement ainsi certains résultats des lois générales en opérations particulières; mais on ne peut pas plus déduire ces lois de Tune de ces opérations particulières, que tracer l'ordre général d'après un résultat partiel.

— Vous me paraissez, répliqua à son tour Ambrosio, avoir beaucoup étudié les phénomènes physiques ; il nous serait fort agréable de connaître vos opinions personnelles sur les changements primitifs et sur l'histoire antique du globe, car je vois que vous n'êtes pas de l'école géologique moderne.

— Je suis naturellement arrivé à certaines opinions, ou plutôt à des spéculations, sur ces sujets ; mais elles ne méritent assurément pas la peine de vous être communiquées. Si elles m'ont distrait quelquefois pondant mes heures de loisir, je doute qu'elles puissent avoir la même influence sur vous, et' surtout qu'elles puissent vous être utiles.

— Les observations dont vous avez bien voulu nous faire part sur la formation du travertin nous portent à espérer non-seulement un grand plaisir,

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