‹ Les derniers jours d'un philosophe entretiens sur la nature, les sciences, les métamorphoses de la terre et du ciel, l'humanité, l'âme et la vie éternelle Humpry DavyChapitre 87 sur 145 · LA CHALEUR TERRESTRE · texte numérisé non relu

LA CHALEUR TERRESTRE

L'Inconnu. — J'ai voulu vous tracer une histoire philosophique basée sur des faits connus,

terrestres, correspond à un degré de chaleur, est de 2£ à 30 mètres. Dans les mines de Saxe, l'accroissement serait, d'après Reich, de i degré par 42 mètres.

Toutefois, la terre n'a pas encore été fouillée à une bien grande profondeur. Les excavations les plus remarquables, celle de Kuttenberg, en Bohême, et l'une des mines de Guanajuako, au Mexique, ont à peine atteint un kilomètre, c'est-à-dire la six ou sept millième partie du rayon terrestre : ce serait donc plus que de l'imprudence de vouloir juger de l'état de tout l'intérieur du globe par la température des couches superficielles, et d'affirmer que la chaleur accrue suivant une proportion constante, de la surface du sol au centre de la terre, s'y élève à la température de 200,000 degrés, c'est-à-dire bien au-delà de tout ce que peut concevoir l'imagination de l'homme. Autant vaudrait conclure du refroidissement graduel des hautes couches aériennes, que l'abaissement de température se continue jusqu'au milieu des espaces célestes, et qu'à i ,000 kilomètres de la terre le froid est de 5,000 degrés. La partie superficielle du globe que traversent incessamment des courants magnétiques se dirigeant d'un pôle à l'autre, et dans laquelle s'élaborent tous ces phénomènes de la vie planétaire qui modifient sans relâche le relief et la forme des continents, doit sans aucun doute se trouver, pour le développement de la chaleur, dans des conditions toutes particulières. La minceur de l'enveloppe terrestre n'est donc rien moins que prouvée par l'accroissement graduel de ta température dans les puits de mine et les sources.

Déjà Cordier, frappé par toutes les objections qui se

sur l'observation des roches et des couches où les restes fossiles ont été retrouvés. J'ai com-

présentaient à son esprit relativement à la ténuité de la pellicule terrestre, admettait que cette enveloppe ne peut être stable, à moins d'avoir de i 20 à 280 kilomètres d'épaisseur. Récemment, M. Hopkins, en soumettant à des calculs de haute mathématique les éléments fournis par les phénomènes de la précession et de la nutation terrestres, est arrivé à conclure qu'avec ou sans feu central , la planète serait animée de mouvements périodiques tout différents, si la partie solide de l'écorce n'avait de 1,300 à 1,000 kilomètres, c'est-à-dire du quart au cinquième du rayon terrestre. M. Thomson établit par d'autres calculs que, si la terre avait seulement la solidité du fer et de l'acier, les marées et la précession des équinoxes auraient une importance Ijien moindre qu'elles n'ont actuellement. Enfin, M. Emmanuel Liais, reprenant et discutant toutes ces recherches, a essayé de démontrer qu'en vertu des phénomènes astronomiques la solidité intérieure de la planète est irrécusable. Il est donc permis do croire, dit M. Reclus, sans se prononcer encore d'une manière affirmative, qu'il n'existe point de feu central, mais seulement des mers intérieures de matière incandescente, éparses en diverses parties de la. planète, à une faible distance de la surface terrestre, et séparées les unes des autres par des piliers de roches solides. C'est l'hypothèse qui semble à W. Hopkins, comme à Sartorius de Waltershausen, l'historien de l'Etna, s'accorder le mieux avec les phénomènes volcaniques.

Un des arguments les plus décisifs que l'on cite en faveur de la libre communication des bassins maritimes avec les foyers volcaniques est tiré de la grande quantité

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