VOLCANS. FEU CENTRAL
mencé par le commencement de la planète, ce que l'on peut appeler une création : un globe
de vapeur d'eau qui se dégage des cratères pendant les éruptions, et qui, d'après M. Ch. Sainte-CIaire-Deville, composerait au moins les 999 millièmes de la prétendue fumée des volcans. Pendant l'éruption de l'Etna, en 1865, M. Fouqué tenta de jauger approximativement le volume d'eau qui s'échappait sous forme gazeuse des cratères d'éruption. En prenant pour terme de comparaison le cône qui lui semblait émettre une quantité moyenne de vapeur, il trouva que cette masse, ramenée à l'état liquide, serait d'environ 60 mètres cubes d'eau pour chaque détonation générale. Or, les explosions ayant eu lieu, en moyenne, toutes les quatre minutes pendant cent jours, il en résulte que le débit de l'eau peut être évalué à 2,160,000 mètres cubes pendant la durée du phénomène c'est le même écoulement que celui d'un ruisseau permanent débitant 250 litres à la seconde. En outre, il aurait fallu tenir compte des énormes volutes de vapeur qui s'échappaient incessamment du grand cratère terminal de l'Etna et se recourbaient, sous la pression des vents, en i une immense arcade déployée sous la voûte du ciel.
Les diverses substances que produisent les cratères indiquent aussi que les eaux marines sont décomposées dans le grand laboratoire des laves. Le sel ordinaire, ou chlorure de sodium, qui est le minéral contenu en plus grande abondance dans l'eau de la mer, est aussi celui qui se dépose le premier et en quantité la plus considérable autour des bouches d'éruption.
Les autres matières rejetées par les éruptions sont d'origine terrestre, et proviennent évidemment de roches réduites par la chaleur à l'état liquide ou pâteux ; elles
fluide enveloppé d'une atmosphère immense. J'ai considéré ce globe comme ayant été le théâtre
consistent principalement en silice et en alumine, et renferment, en outre, de la chaux, de la magnésie, de la potasse et de la soude.
En pénétrant dans les crevasses de l'enveloppe terlestre, l'eau de la mer ou des fleuves augmente graduellement en température, comme les roches mômes qu'elle traverse. On sait que cet accroissement de chaleur peut être évalué en moyenne, du moins pour les couches extérieures de la planète, à i degré centigrade par chaque espace de 30 mètres en profondeur. D'après cette loi, l'eau descendue à 3,000 mètres au-dessous de la surface aurait, dans les latitudes méridionales de l'Europe, une température d'environ 400 degrés; mais elle ne se transformerait point pour cela en vapeur; elle resterait à l'état liquide, à cause de l'énorme pression que lui font subir les couches supérieures.
D'après des calculs qui reposent, il est vrai, sur diverses données hypothétiques, ce serait au plus à \ 5 kilomètres au-dessous de la surface du sol que la fofce d'expansion de l'eau aurait assez d'énergie pour équilibrer le poids des masses liquides surincombantes et pour se transformer soudain en vapeur à la température de 4 à 500 degrés. Ces masses gazeuses auraient alors une tension suffisante pour soulever une colonne d'eau du poids de 4,500 atmosphères; toutefois, si, par une cause quelconque, elles ne pouvaient s'échapper aussî vite qu'elles se sont formées, leur pression s'exercerait dans tous les sens et finirait par se transmettre, de crevasse en crevasse, iusque sur les roches en fusion qui se trouvent dans les profondeurs. C'est à cette pression sans cesse accrue qu'il