LE FEU CENTRAL
«Tune série de phénomènes, résultant des forces auxquelles le Créateur a soumis la matière pour son œuvre, et des lois intellectuelles imposées à l'univers.
àmbrosio. — Ce que je trouve de plus vraisemblable dans votre récit , c'est qu'il n'est pas en contradiction avec les enseignements donnés par la révélation sur l'origine du globe, sur l'ordre qui se produisit après l'état chaotique, et sur la succession des formes vivantes engendrées aux jours de la création, lesquels peuvent être, se-
faudrait attribuer l'ascension des laves dans les soupiraux des volcans, les tremblements du sol, la fusion et la rupture de l'enveloppe terrestre, et finalement l'éruption violente des fluides emprisonnés.
Quoi qu'il en soit, les observations directes faites sur les éruptions volcaniques rendent désormais fort douteux que les laves proviennent d'un seul et môme réservoir de matières fondues, ou du classique foyer central qui remplirait tout l'intérieur de la planète. Des volcans trèsrapprochés les uns des autres ne présentent aucune coïncidence dans leurs éruptions, et vomissent, à des époques différentes, les laves les plus dissemblables d'aspect et de composition minéralogique, ce qui serait évidemment impossible si les cratères étaient alimentés par la môme source. Il suit de ces faits que la théorie déjà exposée par Sir Humphry Davy, il y a quarante ans, se trouve soutenue aujourd'hui par un certain nombre de géologues.
Ion l'expression de certains savants, « des époques de la nature. » Devant la Toute-Puissance, un jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour.
Onupiirio. — Allons bon! voilà, mon cher; que vous allez encore gâter la science pas vos réserves dogmatiques, et essayer d aliéner son indépendance. Savez-vous que c'est là une très-mauvaise habitude? Je m'attendais à votre réplique, mais je ne comprends pas votre manière d'interpréter les vues scientifiques de notre nouvelle connaissance, et votre disposition à y mêler déjà la cosmogonie de Moïse. Lors même qu'on admettrait avec vous l'origine divine de la Genèse, il faudrait reconnaître encore que ce vieux livre n'a pas été écrit dans le but d'apprendre aux juifs un système scientifique, mais bien plutôt pour leur donner une espèce de Code, et leur enseigner les lois de la vie et de la morale. Il y a deux siècles qu'un homme supérieur, d'une piété absolue, éleva sa voix contre cette manière d'interpréter les Écritures et de les appliquer conformément auK fantaisies humaines. De cette disposition d'esprit, dit lord Bacon, « il résulte non-seulement des philosophies fausses et fantasques, mais encore des religions hérétiques. » S'il fallait donner aux