HISTOIRE DE LA CRÉATION
Écritures une interprétation littérale et les considérer comme possédant la vérité scientifique , Galilée mériterait sa persécution; et nous devrions encore croire que le soleil tourne autour de la terre, revenir à l'illusion mystique du moyen âge, et poser un éteignoir sur la science expérimentale. Je vous en prie, mon cher, dans votre intérêt, corrigez-vous de cette mauvaise habitude que vous avez toujours d'aller chercher la Bible quand on parle de science positive.
Ambrosio. — Mon digne philosophe, vous ne comprenez pas ma pensée, si vous vous imaginez que j 'aie l'intention de construire un système géologique sur la Genèse. Le premier homme, nous l'avons déjà dit, a été créé doué d'une sorte de science instinctive ou inspirée, suffisamment exacte, laquelle fut aussi transmise à ses descendants. Une partie des éléments de cette connaissance primitive le mit en rapport avec la nature et avec les objets dont il était entouré. Sans ce don inné, il eût été impossible à l'esprit humain d'embrasser les mystères de la création. Comment aurait-il été capable de suivre l'histoire des atomes, en mouvement depuis leur désordre chaotique jusqu'à leur arrangement dans Tordre du cosmos; de voir la matière morte se vêtir de la vie animée,
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la lumière et la puissance ^'élever du sommeil de la mort? Or, les idées transmises à Moïse, ou rapportées par lui sur l'origine du monde et de l'humanité, étaient des plus simples; mais c'étaient des vérités divines, quoique enveloppées d'un langage approprié à la compréhension d'un peuple rude et ignorant. Toutefois, je n'ai pas la prétention d'en déduire un système de science, quand je témoigne ma satisfaction de ne pas les trouver en contradiction avec les recherches savantes des géologues modernes. Je crois que la lumière a été la création d'un acte de la volonté divine, mais je n'admets pas pour cela que les mots : « Que la lumière soit ! » aient été prononcés oralement par la Divinité. De même, je ne veux pas en inférer non plus que les découvertes modernes sur la lumière se trouvent en aucune façon en rapport avec cette phrase magnifique et sublime de la Bible.
Onui-urio. — Fermons votre parenthèse théologique, si vous le voulez bien, mon cher docteur, et continuons la géologie ; c'est plus instructif. Je ne crois pas absolument aux révolutions par l'eau, et je suis plutôt porté à croire que le feu a joué le principal rôle dans la formation du globe. Ayant longtemps habité Edimbourg, j'ai eu l'oc-