LES RÉVOLUTIONS DU GLOBE
Hutton), offrant à sa surface émergée des dépêts compactes de sable et de boue, combien son caractère différerait de celui des anciennes couches secondaires ! Pour caractère principal, on retrouverait les œuvres de l'homme, des pierres taillées, des sculptures, des machines de l'industrie con- . temporaine, des instruments de fer, des statues de marbre et de bronze; puis, sur la plus grande partie de la surface, des restes humains plus communs certainement que ceux des animaux. Les colonnes de Paestum ou d'Àgrigente, les piles de nos énormes ponts de fer et de granit offriraient un contraste frappant avec les ossements fossiles des crocodiles ou des sauriens de terrains antérieurs , ou même à côté de ceux du mammouth, de l'éléphas primigenius , ensevelis dans la couche diluvienne. Celui qui étudie ce sujet doit être convaincu que Tordre actuel des choses et l'existence comparativement récente de l'homme, cQmme maître du globe, sont aussi certains que la destruction d'un ordre antérieur et différent, et la disparition d'un grand nombre de formes vivantes dont il ne reste plus aucun type, mais dont les fossiles demeurent comme autant de monuments merveilleux des révolutions de la nature.
m l'inconnu.
O.nuphmo. — Je ne suis pas tout à fait convaincu par vos arguments. Supposons, par exemple/ que les terres de la Nouvelle -Hollande, de l'Australie, peuplées de races animales et végétales si différentes de celles de l'Europe, soient emportées dans l'océan, et qu'ensuite, suivant le système huttonien, elles soient élevées comme couches secondaires par le feu souterrain : on y trouverait des vestiges d'animaux et de végétaux entièrement différents de ceux qu'on a trouvés dans les couches du vieux continent. Or, ne pensez-vous pas que ces formations toutes particulières, dont vous avez parlé, pourraient être des accidents de la nature appartenant à des contrées spéciales du globe? Vous parlez aussi de terrains diluviens dans lesquels on ne trouve pas de restes humains. Identifiez vous ces terrains avec ceux qui ont dû être bouleversés par la catastrophe dont parle la Bible ? Cependant vous ne nierez pas absolument qu'à l'époque du déluge mosaïque l'homme existât déjà, ni qu'il ait pu également exister à l'époque des autres révolutions dans lesquelles on voit le résultat du feu souterrain.
L'Inconnu. — Si je me suis servi du mot diluvien, c'est parce que les géologues l'ont adopté,