LES RÉVOLUTIONS DU GLOBE
sans vouloir cependant identifier la cause de cette formation avec le déluge asiatique décrit dans les Écritures. J'en fais remploi simplement pour désigner les couches sablonneuses qui ont été entraînées par l'eau, ne se sont pas solidifiées comme les roches et ont été déposées par suite d'inondations. Or, dans les contrées ainsi couvertes, l'homme certainement n'a pas existé; quant à votre argument, à propos de la Nouvelle-Hollande, il me semble dénué de toute valeur. On trouve dans tous les climats si variés du globe, et dans les régions les plus distantes, des couches secondaires de même ordre qui renferment toujours des restes organiques du même genre, lesquels diffèrent entièrement de ceux qui proviennent des êtres appartenant à l'état actuel des choses. Les révolutions à la suite desquelles se sont produits les coucb.es secondaires et les dépôts diluviens n'ont pu être des phénomènes locaux, mais ont du s'étendre sur toute la surface du globe ou sur la plus grande partie. Les dents de mammouth ne sont pas rares dans les diverses parties de l'Europe; le nouveau comme l'ancien continent ont offert dans leur pierre à chaux des vestiges de crustacés analogues. On a découvert en Amérique des squelettes entiers d'animaux. Ne vous souvenez-vous
point que le corps intact , couvert de peau eî de poil, de Telephas primigeuius , disparu de la surface terrestre depuis si longtemps, a été découvert en Sibérie, conservé dans une masse de glace? Dans les couches secondaires les plus anciennes, il n'y a pas de restes d'animaux analogues à ceux qui appartiennent à la vie actuelle ; et dans les roches qu'on peut regarder comme les » plus récentes, ces restes commencent à se montrer, ayant pour compagnons les fossiles d'un grand nombre d'années éteintes. 11 semblerait, pour ainsi dire , qu'il y eût eu une marche graduelle vers le système actuel des choses, et toute une série de créations et de destructions prépara-
toires à l'existence de l'homme. Il serait superflu de pousser ces arguments plus loin. Vous ne pourriez sérieusement soutenir que la nature d'aujourd'hui ne soit autre chose que l'ancien et constant ordre de la nature modifié seulement par les lois existantes. Il faut donc vous résoudre à abandonner les vues que vous avez voulu soutenir, et laisser de côté tout système exclusif. Les vestiges des générations animales disparues sont aussi faciles à discerner que ceux des nations éteintes, .et il serait aussi raisonnable de supposer que les colonnes et les monuments de Palmyre ont