‹ Les derniers jours de JérusalemChapitre 101 sur 147 · Bell. Jud.,\\, II, io · texte numérisé non relu

Bell. Jud.,\\, II, io

ployés aux aggeres. Le 27 du même mois (de Panemus) ils préparèrent un piège aux assiégeants. Ils remplirent, au portique occidental, le vide compris entre les poutres du plafond et le toit qu'elles soutenaient, d'une masse de bois sec, d'asphalte et de poix; puis, lorsque tout fut prêt, ils firent semblant d'être harassés et se retirèrent. Beaucoup de soldats romains eurent l'imprudence de se mettre à la poursuite des Juifs en retraite, et, apportant des échelles, ils escaladèrent à l'envi le portique. Les plus intelligents, se méfiant de cette retraite non justifiée des Juifs, se tinrent tranquilles. Bientôt le portique fut couvert de ceux qui y étaient montés, et aussitôt les juifs y mirent le feu, sur tous les points à la fois.

Comme la flamme se fit jour de partout en un clin d'œil, une immense stupeur frappa les Romains restés hors de danger, et le désespoir s'empara de ceux que l'incendie étreignait. Se voyant enfermés dans un cercle de flammes, les uns se précipitaient en arrière vers la ville, les autres du côté des ennemis. Beaucoup, poussés par l'espoir de sauver leur vie, sautaient vers leurs compagnons et se brisaient sur le pavé. I^ feu gagnait de vitesse la plupart de ceux qui cherchaient à lui échapper, et quelques-uns d'entre eux prévenaient par le fer les atteintes dos flammes. L'incendie, promenant partout ses ravages, dévorait avec une rapidité effrayante tous ceux mêmes qui recevaient la mort d'une autre façon.

Titus, bien qu'irrité contre les victimes de cette mise infernale, parce qu'ils avaient sans ordre escaladé le portique* Titus fut pris d'une grande pitié pour les infortunés auxquels il n'était pas possible de porter secours. C'était une consolation pour les mourants de voir la douleur de celui pour qui ils étaient habitués à prodiguer leur vie. Il cherchait on oiTel à les soutenir par ses cris, il s'approchait d'eux et suppliait tous ceux qui l'entouraient de tenter quelque chose afin de

les sauver. Dans ces cris, dans cette douleur de Titus, chacun trouvait comme de magnifiques obsèques et mourait bravement. Quelques soldats qui s'étaient réfugiés sur la large muraille du portique, échappèrent aux flammes ; entourés par les Juifs, ils résistèrent longtemps, quoique criblés de blessures, mais ils finirent tous par succomber*.

Les mots tzX stov toT/ov tyî; (jToàç ovta TC^aTÙv désignent, sans aucune espèce de doute pour moi, la magnifique muraille occidentale du Haram-ech-Chérif, c'est-à-dire le Heit-el-]\forharby, au pied duquel les Juifs vont d'habitude, le vendredi, pour gémir sur les malheurs irréparables de leur patrie, et sur la destruction de leur temple. Contre cette muraille, qui a plusieurs mètres d'épaisseur, devait en effet s'appuyer le portique dont l'incendie fut si fatal aux Romains. Je ne saurais cependant admettre que tous les imprudents qui prirent part à cette escalade, y aient trouvé la mort. En effet, les échelles qui les avaient amenés sur le toit du portique durent leur servir également à en descendre; mais on conçoit qu'au milieu d'un sauve qui peut général, résultat forcé de l'incendie qui éclatait de toutes parts, ces échelles* n'aient pu être que d'un bien faible secours.

La date de cet affreux incendie est déterminée, c'est le 27 de Panemus; rattachons-la donc aux précédentes.

DATB8

DATES

MACKDONIBNItKS

DR L'ÈRR

CHRÉ

TF KNNK.

KVÉNKMBNTS DU JOUR.

Panemus. . . .

Juin

Les Romains brûlent une portion des portiques.

Les Juifs brûlent le portique occidental, après y avoir attira les Romains.

Page 1