I. Bell.Jtid., VI, III
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En dernier lieu, un jeune soldat nommé Longus, et qui était au nombre de ceux qui se réfugièrent sur la muraille, jeta le plus vif éclat sur cette catastrophe, bien que tous ceux qui en furent victimes soient dignes d'un souvenir éternel ; voici ce qu'il fit. Il se montrait le plus vaillant de tous. Les Juifs, admirant sa bravoure, et voyant qu'ils ne pourraient venir autrement à bout de le tuer, l'engagèrent à descendre vers eux, en lui assurant la vie sauve. Alors son frère, nommé Cornélius, qui se trouvait de l'autre côté, le supplia de ne pas déshonorer la milice romaine et de ne pas se déshonorer lui-même. Écoutant ce conseil, et élevant son épée le plus haut possible, I^ongus s'en frappa et se tua. Un autre de c«ux qu'avait enveloppés l'incendie, nommé Sertorius, se tira d'affaire par la ruse. Appelant à haute voix un certain Lucius, son compagnon d'armes et de chambrée, il lui dit : « Je te fais l'héritier de tout ce que je possède, si tu t'approches de façon à me recevoir dans tes bras. » Celui-ci étant immédiatement accouru à cette proposition, Sertorius qui se jeta sur lui fut sauvé, tandis que Lucius, écrasé par le poids, tomba mort sur le pavé.
Le funeste incendie qui venait de coûter tant de monde fut une cause de tristesse pour les Romains ; mais il les rendit plus circonspects pour l'avenir, et il leur servit à quelque chose contre les ruses des Juifs, ruses qui réussissaient presque toujours, grâce à la connaissance des lieux et à l'esprit inventif de leurs auteurs.
Le portique incendié fut brûlé jusqu'à la tour que Jean avait fait construire au-dessus des portes conduisant au delà du Xyslus, pendant qu'il guerroyait contre Simon ; ce qui en restait fut abattu par les Juifs, après la mort de ceux qui y étaient montés. Le jour suivant, les Romains brûlèrent aussi tout le portique septentrional, jusqu'au portique oriental.
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L'angle qui les reliait s'élevait au-dessus de la vallée du Cédron, dont la profondeur en ce point était effrayante*.
Les portes conduisant au delà du Xystus sont évidemment celles qui ouvraient sur le pont dont une arche a laissé quelques beaux vestiges, vers l'angle sud-ouest du Haram-ech- Chérif. C'est donc pour défendre ce pont que Jean de Giscala avait fait construire sa tour, élevée, ainsi que nous l'apprend Josèphe, pour repousser les attaques de Simon fils de éioras. Une autre tour avait été bâtie par Simon à l'extrémité opposée du pont. Il ne reste plus trace ni de l'une ni de l'autre.
Nous avons vu que l'incendie du portique occidental eut lieu le 27 de Panemus (20 juin) . Ce fut le lendemain, 28 de Panemus (21 juin) que le portique nord fut à son tour détruit par l'incendie qu'allumèrent les Romains. Nous avons donc une date de plus à ajouter à notre journal.
DATES DATB8
MACÉDONIENNES. DB L'ÈRB CHRÉTIBNNB. éVBNBMBNTS OU JOUR.
Panemus 28. Juin 21. Le portique nord est incendié par les
Romains. ^
En ce point de son récit, Josèphe s'arrête pour parler de nouveau des fléaux qui anéantissaient la population de Jérusalem. Écoutons-le donc.
Le nombre de ceux qui, dans la ville, périrent de faim, est infiniment grand, et les misères qu'ils eurent à subir ne peuvent se raconter. Dans toutes les maisons, en effet, où paraissait l'ombre d'un aliment quelconque, on se battait, et les gens unis par les liens de l'amitié la plus étroite s'arrachaient violemment et à l'envi ce qui pouvait les aider à soutenir leur misérable existence. On ne croyait pas au dénûment de ceux mêmes qui mouraient; mais les bandits fouillaient