Bell. Jud„\l, IV
î. Ibid., VI, IV, 2.
assistaient au conseil, et la délibération roula sur le sort du temple ou naos. Quelques-uns étaient d'avis d'user du droit de la guerre, parce que jamais les Juifs ne se tiendraient tranquilles, tant que leur temple resterait debout, et que ce tetnple était pour eux un point de rassemblement, quelle que fut la contrée qu'ils habitassent. D'autres soutenaient que si les Juifs abandonnaient le temple, et que si pas un seul d'entre eux ne faisait usage de ses armes pour le défendre, il fallait le conserver ; que si au contraire ils le défendaient, lorsqu'on y serait arrivé, il fallait le brûler; car, alors, ce ne serait plus un temple, mais bien une forteresse, et qu'en ce cas, la faute n'en serait pas aux Romains, mais bien à ceux qui les auraient forcés d'agir ainsi.
Titus, après avoir recueilli les opinions, prit enfin la parole et dit que, quand bien même les Juifs combattraient encore lorsqu'on serait arrivé au naos, il ne se déciderait pas à rendre les choses inanimées responsables des fautes des hommes, et que jamais il ne brûlerait une semblable merveille. Que sa destruction d'ailleurs serait une perte pour les Romains, tandis que sa conservation serait un honneur pour l'empire. Aussitôt cpie l'on sut bien quelle était la volonté de Titus, Fronto, Alexander et Cerealis se rangèrent à son avis, et la séance fut levée. Les chefs de l'armée reçurent alors l'ordre de faire reposer leurs troupes à tour de rôle, afin d'avoir des soldats plus frais pour le combat, et des hommes d'élite, choisis dans les cohortes , furent chargés d'ouvrir des passages à travers les ruines, et d'éteindre l'incendie*.
Nous venons de voir que Titus, dans le conseil de guerre tenu avant Tattaque sérieuse et définitive du temple, fit tous ses efforts pour faire prévaloir son désir qui était formellement