BelLJud.,y\, IV
de sauver à tout prix le sanctuaire des Juifs. Si nous Usons la chronique de Sulpice Sévère, nous sommes tout étonnés d'y trouver à propos du même fait une appréciation diamétralement opposée. La voici textuellement :
Fertur Titus adhibito consilio priùs délibérasse an tenohplum tanti operis everteret. Etenim nonnuUis videbatur aedem sacratam ultra omnia mortalia illustrem non debere deleri, quae servata modestiae Romanae testimonium, diruta perennem crudelitatis notam praeberet. At contra alii et Titus ipse evertendum templum imprimis censebant, quo pleniùs Judœorum et Christianorum religio tolleretur. Quippè bas religiones, licet contrarias sibi, iisdem tamen auctoribus profectas ; Christianos ex Juda^is extitisse. Radice sublatà stirpem facile perituram. Ità Dei nutu accensis omnium animis templum dirutum, abhinc annos trecentos triginta et unumV
Cet important passage a été examiné avec un talent hors ligne par M. Jacob Bernays [IJeher die Chronik des Sulpicius Severus. Berlin, 1861, p. 55 et suiv.) qui y retrouve, comme en quelques autres passages empruntés à la même chronique, le cachet évident des récits de Tacite. Admettons un instant que cette appréciation soit juste, et véritsJrfement je crois qu'elle l'est, qu'en résulte-t-il ? Que, suivant Josèpbe, Titus a voulu sauver le temple; que suivant Tacite, ou tout au moins suivant Sulpice Sévère, Titus a voulu le détruire. L'une de ces deux assertions en opposition absolue est mensongère, mais laquelle est-ce? C'est ce que nous allons examiner avec impartialité.
Josèphe était devenu l'ami des Flaviens lorsqu'il écrivit son histoire de la guerre judaïque ; mais, ne l'oublions pas, il l'écrivit k Rome, au milieu de toute l'armée qui avait pris