BelLJud.^yi, IV
les degrés, le sang coulait à flots, et les corps de ceux qu'on égorgeait sur la plate-forme roulaient jusqu'en bas*.
Titus, ne pouvant arrêter l'élan des soldats furieux, et voyant l'incendie se développer, entra dans le sanctuaire du naos avec les chefs de son armée, et contempla ce qu'il contenait* ; tout cela surpassait de beaucoup ce que la renommée en apprenait aux étrangers, et était à la hauteur, en apparence exagérée, de l'opinion des Juifs.
La flamme n'avait encore pénétré d'aucun côté à l'intérieur, mais elle dévorait les appartements répartis sur tout le pourtour du naos. Titus pensant, ce qui était vrai d'ailleurs, qu'on pourrait encore conserver cette merveille, s'élança au dehors et fit tous ses eflbrts pour obtenir des soldats qu'ils arrêtassent les progrès de l'incendie. Il donna l'ordre à Libéralius, centurion de ses gardes du corps, d'écarter les récalcitrants à coups de bâton. Mais leur brutale colère, leur haine des Juifs et leur rage guerrière étaient plus puissantes que leur respect pour Titus et que la crainte des coups; beaucoup d'entre eux, d'ailleurs, étaient excités par la soif du pillage, parca qu'ils croyaient que l'intérieur de l'édifice était rempli de trésors monnayés, puisque tout ce qu'ils voyaient à l'extérieur était d'or.
Un de ceux qui avaient déjà pénétré dans le naos, au moment où Titus courait au-devant des soldats, pour les empêcher d'entrer, mit, en se cachant, le feu contre les gonds de la porte; la flamme éclata subitement à l'intérieur, et Titus suivi des chefs dut se retirer ; personne, dès lors, ne songea plus à empêcher ceux du dehors d'activer l'incendie, et c'est ainsi que le naos périt, malgré Titus \