Bell. Jud., VI, IV
Quelque déplorable qu'ait été cet événement, ajoute Josèphe, puisqu'il s'agissait de l'œuvre la plus admirable que nous ayons jamais vue, et dont nous ayons entendu parler, tant à cause de sa structure, que de sa dimension, aussi bien qu'en raison de la magnificence de toutes ses parties, et de l'illustration des sanctuaires, on doit surtout se consoler, en pensant que pour les œuvres humaines et pour les lieux, il y a une destinée inéluctable, comme pour les êtres animés. Ce qui est surtout fait pour frapper les esprits, c'est l'inexorable précision du temps, en toute l'histoire de cette merveille. Car, ainsi que je l'ai déjà dit, ce fut le même jour, du même mois, que le premier temple fut brûlé par les Babyloniens. De la première construction du temple des Juifs commencé par le roi Salomon, jusqu'à sa ruine qui eut lieu dans la seconde année du règne de Vespasien, on compte onze cent trente ans, sept mois et quinze jours ; à partir du second temple qu'Aggée avait élevé, dans la seconde année du règne de Cyrus, jusqu'à sa ruine sous Vespasien, il s'est écoulé six cent trente-neuf ans et quarante-cinq jours*.
Ces chiffres si précis que nous donne Josèphe sont bons à examiner.
Entre la construction du premier temple et sa ruine arrivée en 70 de l'ère chrétienne, année du siège de Jérusalem, il s'est écoulé, dit notre historien, onze cent trente ans, sept mois et quinze jours. Le jour de l'incendie est le 8 juillet 70. Il faut donc remonter en arrière de onze cent trente ans, sept mois et quinze jours pour trouver la date de la fondation du temple de Salomon, ce qui nous reporte au quinzième jour du cinquième mois de l'an 1060 avant Jésus-Christ, c'est-à-dire au 15 mai 1060. Malheureusement cette date si précise n'est