BelL Jud., VI, IV
384 LES DERxMERS JOURS
pas exacte, et la date de la fondation du temple de Salomon tombe, à très-peu près, sur l'année 1016 avant Jésus-Christ.
L'achèvement du second temple construit par Aggée, à ce que prétend Josèphe, eut lieu six cent trente-neuf ans, un mois et quinze jours avant l'incendie du 8 juillet 70. Remontant en arrière, nous arrivons au 15 février de l'année 569, pour la seconde année du règne de Cyrus. Cette nouvelle date est encore erronée, puisque les calculs chronologiques démontrent que la seconde année de Cyrus coïncide avec l'an 537 avant Jésus-Christ.
Pendant que le naos brûlait, les Romains appréhendaient tous ceux qui se présentaient à eux, et tous ceux qui étaient pris étaient massacrés. Plus de pitié pour l'âge, plus de respect pour la gravité ! Enfants et vieillards, profanes et prêtres étaient égorgés sans distinction. Les suppliants comme ceux qui défendaient leur vie, subissaient le même sort. Les crépitations des flammes pénétrant partout se mêlaient aux gémissements des mourants. Grâce à la hauteur de la colline qui supportait le temple et à la grandeur de l'édifice qui brûlait, on aurait pu croire que la ville entière était en feu. On ne peut rien imaginer de plus horrible que les clameurs qui retentissaient. Les cris des Romains étaient des cris de joie, ceux des séditieux entourés de fer et de feu étaient des hurlements de terreur; le peuple, abandonnant les parties élevées du sanctuaire, fuyait avec consternation vers les hommes de guerre, en poussant des lamentations. Aux clameurs de ceux qui étaient sur la colline du temple , répondaient celles de la multitude enfermée dans la ville, et qui, sans force et sans voix, grâce à la faim, retrouvait des forces pour gémir et sangloter à la vue du temple en feu. La Pérée et les montagnes d'alentour s'unissaient à ce concert de désespoir, et en augmentaient la force.
Le massacre surpassait encore le tumulte en horreur. La colline sur laquelle était le temple paraissait brûler sur sa base, car elle était partout couverte de flammes, et cependant il y avait sur elle plus de sang que de feu, plus de morts que de meurtriers. Nulle part on ne pouvait plus apercevoir le sol caché sous les cadavres, et les soldats, bondissant sur les monceaux de corps inanimés, poursuivaient les fuyards. I^ presque totalité des assiégés, après s'être ouvert un passage à travers les bandes romaines, purent gagner à grand'peine le hiéron extérieur, et de là s'enfuir dans la ville. Ce qui restait de la population se réfugia dans le portique extérieur {è-nl
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Quelques-uns des prêtres, arrachant les pointes qui garnissaient la crête du toit du naos, puis leurs encastrements de plomb, les lançaient sur les Romains, en guise de projectiles. Mais, voyant l'inutilité de leurs efforts, et bientôt chassés par les flammes, ils se réfugièrent sur le sommet de la muraille qui avait huit coudées de largeur (4'" 20), et s'y maintinrent. Deux des plus illustres, qui auraient pu avoir la vie sauve en se rendant aux Romains, ou rester sur la muraille, en partageant le sort des autres, se précipitèrent dans les flammes, aimant mieux être brûlés avec le temple. C'étaient Meïr fils de Belgas. et Joseph fils de Dalœus*.
Les Romains pensant que, puisque le temple brûlait, il était inutile d'épargner les édifices qui l'entouraient, y mirent à tous le feu en même temps, à l'exception de deux qu'ils ne détruisirent que plus tard, l'un sur la face orientale, et l'autre sur la face méridionale. Ils incendièrent également les magasins (yaJ^oçuXaxia, garde-meuble, trésor), dans lesquels étaient renfermés des sommes énormes d'argent monnaryé, un nombre