Bell. Jud.,N\, VI
402 LES DERiNIEHS JOUilS
A ce discours les Juifs répondirent qu'ils ne pouvaient acx^epter sa foi, parce qu'ils avaient juré de ne jamais le faire. Mais ils demandèrent la liberté de franchir, avec leurs femmes et leurs enfants, la ligne de contrevallation; ils iraient se réfugier dans le désert et le laisseraient maître de la ville. Titus fut violemment irrité de ce que ces hommes, pour ainsi dire captifs, avaient Taudace de lui imposer des conditions en vainqueurs! Il leur fit donc déclarer, par la voix d'un héraut, de s'abstenir désormais de toute désertion et de renoncer à tout espoir de salut, car il n'épargnerait plus personne; qu'ils eussent en conséquence à combattre de toutes leurs forces et à protéger leur vie comme ils pourraient. Car, à partir de ce moment, il userait en tout du droit de la guerre.
Les soldats reçurent immédiatement l'ordre d'incendier et de piller la ville. Ce jour-là ils ne firent rien ; mais le lendemain ils brûlèrent les archives, Akra, le tribunal et le quartier nommé Ophlas; l'incendie se répandit jusqu'au palais d'Hélène qui était au milieu d'Akra. Toutes les rues et les maisons pleines des cadavres de ceux qui étaient morts de faim, furent réduites en cendres *.
Nous pouvons déterminer avec une très-grande probabilité l'emplacement des différents édifices et quartiers mentionnés dans ce passage. D'abord, il est plus que vraisemblable que leur énumération, faite par un homme qui, comme Josèphe, connaissait parfaitement Jérusalem, cite ces différents lieux suivant l'ordre dans lequel ils se présentaient, soit en descendant du nord au sud, soit en remontant du sud au nord. Ophlas ou Ophel étant cité en dernier lieu, il est certain que c'est la première méthode qui a été adoptée par notre historien. Cela posé, recherchons les traces, s'il en existe