lielL Jud., Vf, VI
encore, des édifices en question. Le dépôt des archives, le plus au nord de tous, devait être dans le voisinage d'Antonia. Or, dans la rue qui longe l'hôpital de Sainte-Hélène, on voit, à main gauche et à cinquante mètres environ de Tenceinte du Haram-ech-Chérif, un bel arceau antique provenant d'un édifice ruiné. C'est là que je mets les archives, qui ne se trouvent ainsi qu'à soixante mètres au sud de la maison occupée par le pacha gouverneur. J'ai déjà dit bien des fois que rien n'avait changé en ce pays; le gouverneur turc demeure donc certainement au même point oii demeurait le gouverneur romain, où demeuraient les souverains juifs de la dynastie asmonéenne. Il était tout naturel que les archives fussent à proximité immédiate de leur résidence. Nous avons ailleurs déterminé la position d'Akra, inutile donc d'y revenir ici. Le tribunal (pou>.euTY]piov) était certainement oii est encore aujourd'hui le tribunal (mekemeh) ; cela est déjà démontré ; Ophlas ou Ophel était le quartier recouvrant l'angle sud-ouest du Haram-ech-Chérif. Tout est donc clair dans cette énumération, et conforme avec l'état des lieux. Quant au palais d'Hélène, je n'hésite pas un seul instant à en trouver les traces dans les soubassements antiques de l'hôpital d'Hélène. Cette coïncidence de noms n'est sûrement pas un effet du hasard, et l'appareil de ces soubassements ne saurait en aucune façon être attribué au iv' siècle, époque à laquelle vivait la mère de l'empereur Constantin le Grand. Si nous avons deviné juste, l'expression dont se sert Josèphe pour déterminer la situation de ce palais (a ^yj xarà jxéar,^ r/;v ''Axpav ^v), est d'une exactitude pour ainsi dire mathématique. Le même jour, les fils et les frères du roi Izates, accompagnés de nombreux personnages de leur nation et de leur suite, supplièrent Titus de les recevoir à merci. Celui-ci, quelque irrité qu'il fût contre tous ceux qui avaient survécu,
ne démentit pas en cette occasion sa bonté habituelle et il leur fit grâce. Il les retint néanmoins prisonniers, et plus tard il emmena à Rome les fils et les proches du roi, couverts de chaînés et en qualité d'otages * .
Les séditieux, se jetant alors sur le palais, où beaucoup d'habitants avaient déposé à l'avance tout ce qu'ils possédaient, comme dans l'endroit le plus sûr, chassèrent les Romains qui s'en étaient rapprochés, massacrèrent la partie de la population qui s'y était réfugiée, au nombre de huit mille quatre cents personnes, et s'emparèrent de tout ce qui appartenait à ces infortunés. Ils avaient fait prisonniers deux Romains, l'un fantassin et l'autre cavalier. Le fantassin fut aussitôt égorgé, et son corps fut traîné par la ville, comme s'ils eussent voulu se venger, sur le corps d'un seul, des Romains en général. Le cavalier prétendit qu'il avait à leur suggérer un moyen de salut, et on l'amena devant Simon; là, n'ayant absolument rien à dire, il fut remis à un certain Ardalas, l'un des chefs des assiégés, pour être livré au supplice. On lui lia les mains derrière le dos, on lui banda les yeux, et on le conduisit en vue des Romains, pour lui couper la tète; Mais notre homme, profitant du moment où le Juif tirait son épée du fourreau, s'enfuit du côté des assiégeants. Titus n'eut pas le courage de le faire punir de mort, mais le jugeant indigne de servir dans les rangs des Romains, parce qu'il s'était laissé prendre vivant, il lui fit enlever ses armes et le chassa de la légion à laquelle il appartenait. Dégradation bien plus pénible que la mort pour un homme d'honneur* !
Le lendemain, les Romains, après avoir délogé les bandits répandus encore dans la ville basse, incendièrent tout