nW., Vï, VII, I
jusqu'à Siloam. C'était pour eux une fête de brûler la ville, mais ils étaient frustrés dans leur espoir de butiner^ parce que les séditieux avaient tout enlevé, avant de se retirer dans la ville haute. Quant à ceux-ci, ils n'avaient aucun repentir de tout le mal qu'ils avaient fait, et ils restaient aussi arrogants que si les événements avaient bien tourné pour eux. Lorsqu'ils voyaient les flammes dévorer la ville, ils disaient, la joie peinte sur la figure, qu'ils attendaient la mort, afin que le peuple une fois anéanti, le temple brûlé ainsi que la ville, il ne restât plus rien entre les mains de l'ennemi. Josèphe cependant ne cessait de les supplier d'épargner les débris de la cité; à tous ses reproches sur leur cruauté et leur impiété, à toutes ses exhortations, il n'obtenait pour réponse que des sarcasmes. Les Juifs, liés par leur serment, ne voulaient pas se rendre. Entre les Romains et eux cependant la partie n'était plus égale, puisqu'ils étaient étreints par le blocus le plus resserré. Comme pour ne pas perdre l'habitude du meurtre, ils se répandaient parmi les ruines amoncelées devant la muraille, et tendaient des embûches à ceux qui cherchaient à passer aux Romains. Ils en arrêtaient beaucoup, et, après les avoir égorgés, parce que l'inanition ne leur laissait plus l'agilité nécessaire pour fuir, ils jetaient leurs cadavres aux chiens. Mais tout genre de mort paraissait préférable à la faim, si bien qu'en s'efTorçant de passer aux Romains, quoique l'on n'espérât point d'être épargné par eux, on tombait entre les mains des séditieux, qui ne se lassaient point de tuer. Il n'y avait pas, du côté de la ville, un seul endroit dépourvu de cadavres, tout était plein des corps de ceux qui avaient péri par la famine ou par la main de leurs compatriotes*.