‹ Les derniers jours de JérusalemChapitre 134 sur 147 · Bell. Jiui.,\l IX · texte numérisé non relu

Bell. Jiui.,\l IX

On lit dans le traité Meghilld (Talmud de Jérusalem, ch. m, § 1) : 11 y avait à Jérusalem quatre cent quatre-vingts lieux de réunion (pour la prière et pour l'étude) , et malgré tout cela, Vespasien a triomphé et il a détruit par le feu toute la grande maison (le temple).

Le chiffre quatre cent quatre-vingts est évidemment impossible; ce qui ne Test pas moins est d'attribuer à Vespasien l'incendie du temple.

On voit par cet exemple que les rédacteurs du Talraud ne se piquaient pas d'être d'une exactitude rigoureuse, quant aux faits historiques.

Quoi qu'il en soit, il demeure certain qu'une immense multitude était rassemblée à Jérusalem à l'époque du siège, et qu'elle s'y trouva bloquée comme dans une prison par la fatalité, lorsque les Romains entourèrent la cité d'un cercle infranchissable.

C'est pour cette raison, ajoute Josèphe, que le nombre de ceux qui périrent surpassa celui des victimes tombées par suite de toute autre calamité humaine ou providentielle. Car de ceux qui restaient au grand jour, les Romains égorgèrent les uns et prirent les autres, et ceux qui s'étaient cachés dans les souterrains y furent poursuivis et massacrés, des fouilles ayant été faites pour les y découvrir. On retrouva dans ces souterrains plus de deux mille cadavres de gens qui s'étaient suicidés ou entre-tués, ou qui, en bien plus grand nombre encore, étaient morts d'inanition. L'odeur pestilentielle des cadavres saisissait aussitôt ceux qui tentaient d'y pénétrer, aussi la plupart d'entre eux y renoncèrent-ils ; mais ceux que poussait la soif de l'or y entrèrent en foulant aux pieds des monceaux de morts : on rencontrait dans ces cavernes d'innombrables richesses, et à ceux-là tout moyen de faire du butin paraissait bon. Beaucoup de Juifs que les tyrans avaient jetés

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dans les cachots, furent délivrés et renvoyés ; car il est digne de remarque que, même lorsqu'ils étaient à toute extrémité, ces misérables ne rabattirent rien de leur cruauté. Au reste, Dieu récompensa chacun d'eux selon ses mérites. Jean, qui avec ses frères mourait de faim dans un souterrain où il s'était réfugié, se vit forcé d'implorer des Romains sa grâce, dont il avait fait fi tant de fois. Quant à Simon, après avoir lutté avec la plus grande énergie contre la fatalité, il se livra luimême, ainsi que nous le raconterons plus loin. Simon fut réservé pour recevoir la mort le jour du triomphe de Titus, et Jean fut condamné à la prison perpétuelle. Enfin, les Romains incendièrent tout ce qui restait de la ville, et en rasèrent les murailles*.

C'est ainsi que Jérusalem fut prise le 8 du mois de Gorpiaeus, dans la deuxième année du règne de Vespasien*.

Dans le Talmud de Babylone, (traité Tdanith, ch. iv, P 28**) , nous lisons : tiddd nt!?y h^dc^d , n'»'»:c73, « pour la seconde destruction, elle eut lieu le 17 de Tammouz. »

Le mois de Tammouz est le dixième mois de l'année lunaire des Hébreux; il est à répartir sur les mois de juin et de juillet. Le calcul de la nouvelle lune de juin 70 après J.-C. nous entraînerait trop loin pour déterminer les dates juliennes correspondantes au 1", et par suite au 17 de Tammouz. Contentons-nous donc de comparer cette date talmudique à celles que nous avons établies dans le journal du siège. Ce fut le 8 juillet que le feu fut mis au temple par un soldat romain.

Il est donc très-admissible, a priori^ que la date conservée par le Talmud soit exacte. Je laisse à d'autres le soin de s'en assurer.

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