‹ Les derniers jours de JérusalemChapitre 16 sur 147 · Ibid., V, II · texte numérisé non relu

Ibid., V, II

Jérusalem. Du camp jusqu'aux mivailles, Josèphe compte sept stades , ou environ treize cents mètres , et cette évaluation de distance est très-suffisamment exacte.

Les deux légions venues de Césarée avec Titus campèrent ensemble. La cinquième, que sa marche de nuit avait dû fatiguer, reçut l'ordre de camper à trois stades en arrière. Cette disposition avait pour but de couvrir des troupes harassées et de leur permettre de tracer les lignes de leur camp, avec une sécurité à peu près complète.

Pendant mon dernier séjour à Jérusalem, j'avais à cœur de retrouver sur le terrain les traces qui seraient encore visibles du siège de Titus ; j'ai donc tout naturellement étudié avec soin le plateau du Scopus , et j'y ai reconnu des mouvements de terre et de longs amas de pierrailles, qui ne laissent guère de doute sur leur destination. Ainsi la crête du plateau faisant face à la ville est couronnée par un long vallum avec retour à angle droit au point où la route actuelle de Naplouse, route (jui n'est très-évidemment que la voie antique, recoupe ce vallum. Pendant la traversée de l'emplacement du camp cette route est encaissée entre deux longues branches de terrassement. Elle divise donc le camp en deux portions distinctes. Celle de droite est fermée, à l'est, par un vallum à l'extrémité duquel se trouve un tumulus; et en arrière du retranchement extérieur se voit une sorte de redan, à faces parallèles aux côtés regardant le terrain ennemi, et dont la branche orientale est munie extérieurement de deux forts tumulus. La portion de gauche est fermée, à l'ouest , par une ligne en crémaillère à deux crans, dont le saillant extrême est couvert par un tumulus très-considérable. Au centre de c^tte portion occidentale, se trouve encore un beau tumulus. Quelle a été la destination de ces tumulus, et font-ils partie de la construction du camp lui-même? Je l'ignore, et je ne

pourrais faire sur leur destination que de pures hypothèses , dont j'aime mieux m'abstenir.

A gauche et à deux ou trois cents mètres environ en arrière des retranchements rectih'gnes faisant face à la ville, se présentent trois grands vallum concentriques, s'appuyant tous les trois sur la crête d'un ravin profond et assez escarpé. Est-ce là le camp de la cinquième légion? Je suis fort disposé à le croire. Au reste je ne puis mieux faire que de renvoyer à la carte annexée à ce travail, et qui représente les environs de Jérusalem , avec leur nivellement. On y trouvera le tracé des restes du camp de Titus , levés avec le plus grand soin par mon ami , M. le commandant d etat-major Gélis.

Au moment où les travaux destinés à mettre le camp à couvert venaient de commencer, la dixième légion arrivi.il de Jéricho, où elle avait laissé une petite garnison , pour garder le passage dont Vespasien s'était emparé peu de temps auparavant; la dixième légion, dis-je, paraissait sur le mont des Oliviers où elle avait reçu l'ordre de s'établir, lorsqu'elle ne serait plus qu'à une distance de six stades des murailles*. Le mont des Oliviers (to 'EXaiûv opoç) , ajoute Josèphe, est placé en face de la ville à l'orient, et en est séparé par une vallée profonde qui se nomme le Cédron (Ke^pwv). Inutile, je pense, de faire ressortir la parfaite exactitude de ces renseignements top graphiques, car les noms sont restés absolument les mêmes.

On comprend que la venue subite d'une puissante armée ennemie ait mis immédiatement un terme à la guerre civile qui désolait Jérusalem. Du haut de leurs murailles, les Juifs voyaient avec une vive inquiétude les Romains s'établir et se retrancher sur trois points différents; il était donc prudent de

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