‹ Les derniers jours de JérusalemChapitre 19 sur 147 · BelLJud.,Y, n · texte numérisé non relu

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des vedettes, eux!), leur fit, en secouant sa robe, le signal convenu pour indiquer que l'ennemi cédait devant eux. Il n'en fallut pas plus pour qu'une nouvelle masse de combattants se ruât , comme une troupe de bêtes féroces , sur les talons des prétendus fuyards. Personne, parmi les Romains, ne put résister à cette charge furieuse; les rangs furent rompus comme par les coups d'une machine de guerre , et chacun s'enfuit à la débandade vers le sommet de la montagne. Titus se vit abandonné vers le milieu de la pente, en compagnie d'un petit nombre d'hommes. Ses amis qui, par respect pour la majesté impériale, s'étaient arrêtés auprès de lui, en oubliant le danger, le supplièrent de reculer devant les Juifs qui aspiraient à mourir ; de ne pas s'exposer aux mêmes dangers que ceux dont le devoir était de protéger sa retraite , en résistant au péril de leur vie, mais de songer plutôt à la dignité de son rang, et de ne\)as courir comme un simple soldat, lui, le chef de l'armée et le maître du monde, les chances d'un événement qui pouvait ruiner la fortune de tous. Titus ne tint aucun compte de ces conseils, et, faisant volte-face, il reçut à la pointe de son épée ceux qui s'attaquaient à sa personne ; les frappant à la face, il se lança , à travers leurs corps entassés, sur la pente que couvrait la multitude ennemie. Celle-ci, comme paralysée par cet acte d'audace, n'essaya pas de reculer, mais s'écartant de chaque côté devant lui, se remit aussitôt à la poursuite des fuyards. Titus alors les chargea en flanc et s'efforça de les arrêter.

Pendant que cela se passait sur la pente du mont des Oliviers, la panique s'empara de ceux qui, un peu plus haut, étaient occupés à retrancher le camp; voyant fuir leurs camarades placés au-dessous d'eux, ils s'imaginèrent que Titus fuyait aussi, et qu'il leur serait impossible de soutenir le choc formidable des Juifs. Ce fut d'abord un sauve qui peut géné-

rai ; mais bientôt, heureusement pour Thonneur de la dixième légion, quelques hommes aperçurent l'empereur au milieu de la mêlée; épouvantés du danger qu'il courait, ils réussirent par leurs cris à faire comprendre ce danger à leurs compagnons. La pudeur militaire fit le reste, et, plus honteux d'avoir abandonné leur chef que d'avoir fui , ils firent face, puis se jetant sur l'ennemi avec fureur, ils réussirent à le rejeter au fond de la vallée, malgré sa résistance désespérée. Titus alors, avec ceux qui seuls avaient pris part à son magnifique fait d'armes, contint l'ennemi et renvoya de nouveau les légionnaires à la construction de leurs lignes. C'est ainsi que par deux fois, coup sur coup, ce vaillant prince réussit à sauver la dixième légion qui, grâce à ce secours, put en définitive achever ses ouvrages de défense *.

Nous avons vu tout à Theure que la première attaque des Juifs avait été repoussée peu après midi ; il en faut conclure qpe la légion avait quitté Jéricho bien avant le lever du soleil ; car de Jéricho au mont des Oliviers il y a six bonnes heures de marche. Selon toute vraisemblance, dès neuf heures du matin la légion avait fait halte sur son point de campement, et entre dix et onze heures elle avait été attaquée. Il avait bien fallu ce temps pour permettre à Titus, placé sur le Scopus, d'être prévenu du danger, de réunir sa troupe de secours , d'accourir sur le lieu de l'action et de fondre sur les assaillants, qui, du reste, durent céder promptement à cette attaque de flanc, qui les surprenait à leur tour.

Les survivants de la sortie étaient rentrés dans les murailles de Jérusalem, et aussitôt les camps romains mis à l'abri de toute nouvelle insulte, la guerre étrangère s'assoupit, pour faire place aux luttes de l'intérieur. La fête des azymes, tom-

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