‹ Les derniers jours de JérusalemChapitre 21 sur 147 · Bell. Jud.,Y, iir · texte numérisé non relu

Bell. Jud.,Y, iir

iht LES DERNIERS JOURS

de la ville assiégée. Il fallait donc nécessairement se rapprocher, pour rendre les travaux plus expéditifs et plus faciles. Des postes d'infanterie et de cavalerie, en nombre suffisant pour repousser toutes les sorties , furent établis en des points choisis de façon à favoriser leur action immédiate, et le reste des troupes disponibles reçut l'ordre de nettoyer les abords de la place, jusque devant les murailles. Tous les murs et amas de pierrailles, toutes les haies clôturant les jardins, tous les bosquets des habitants furent abattus. Les arbres furent coupés, les cavités furent comblées, et les roches en saillie au-dessus du sol furent entamées et nivelées à coups de pic. Le terrain se trouva de la sorte aplani, depuis le Scopus jusqu'aux monuments d'Hérode, qui sont placés devant la Piscine dite des Serpents *.

Ce paragraphe a grand besoin d'un commentaire. Il est évident pour qui parcourt les environs de Jérusalem, entre le Scopus et la place, que le récit de Josèphe est fort exagéré. Que les Romains aient abattu les haies et les murs de clôture des jardins, qu'ils aient coupé les arbres, rien de mieux; mais qu'ils aient comblé toutes les cavités et rasé les rochers saillants, c'est fort loin d'être vrai. Les rochers, une fois coupés, ne repoussent pas, que je sache, et il en existe un certain nombre qui ont été forcément respectés par les Romains. Tel est, par exemple, le pâté de roches sur lequel a existé le tombeau d'Hélène, reine d'Adiabène.

Les limites que Josèphe assigne à ce travail préliminaire des légions sont, d'une part, le Scopus que nous connaissons déjà, et de l'autre les monuments d'Hérode, voisins de la Piscine des Serpents. Le docteur Schulz a identifié très-heureusement, je le crois, la Piscine des Serpents avec le Birket-Mamillah,

i. EelL Jui., V, III, ?.

et les monuments d'Hérode avec une ruine informe aujourd'hui qui se trouve au sud de la piscine. Au moyen âge, cette ruine, transformée en église, se nommait le Charnier du Lion. J'accepte donc sans scrupule cette double identification, et j'admets que tout le terrain compris entre le Scopus et le Birket-Mamillah fut aplani, autant que la chose pouvait se faire. Ce travail prit quatre jours entiers à l'armée (Te(j<yaç<it

Pendant que les légions de Titus exécutaient ce nettoyage indispensable, les Juifs n'avaient garde de rester inactifs; ils essayèrent d'un stratagème assez grossier, il faut l'avouer, pour attirer les soldats romains dans un coupe -gorge. Les plus audacieux des défenseurs de la place, sortant de la ville par la porte ouverte entre les tours des Femmes (c'est, ainsi que je l'ai déjà dit, la porte de Damas, ou Bab-el- Aamoud de nos jours), feignirent d'avoir été jetés dehors par ceux qui désiraient la paix, et simulant une grande frayeur d'une attaque possible des Romains, ils se groupèrent en avant des murailles avec toute l'apparence du désespoir. Pendant ce temps-là, une autre troupe garnissait les créneaux, et jouait le rôle d'habitants paisibles, implorant la paix à grands cris, tendant vers les Romains des mains suppliantes, et offrant de leur livrer à l'instant les portes de la ville. Ce disant , ils jetaient des pierres aux prétendus expulsés, comme pour les chasser du voisinage de ces portes. Ceux-ci faisaient semblant de vouloir forcer l'entrée, puis adressaient des supplications à ceux de l'intérieur. Parfois ils paraissaient décidés à passer du côté des Romains; mais après avoir fait quelques pas, ils se rejetaient en arrière, comme saisis de terreur. Les légionnaires se laissèrent prendre

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