Ibid., V, IV
précise, sans une étude attentive du terrain. Où était la porte Djennath? Malheureusement nous n'en savons rien, et il est fort douteux que la vieille arcature aujourd'hui condamnée, et a laquelle M. Pierotti qui Ta découverte a donné le nom de porte Djennath, ait aucun droit à cette dénomination. Ce qui est beaucoup plus probable et plus admissible, c'est que certains débris de muraille judaïque, existant à la lisière orientale du terrain vague des chevaliers de Saint-Jean , et à Test du Saint-Sépulcre, au point où des fouilles ont été entreprises, il y a quelques années, pour établir le consulat russe, nous offrent des jalons propres a nous faire reconnaître lai direction générale de la branche occidentale de cette seconde enceinte. S'il en est ainsi , elle partait d'un point très-voisin de l'angle sud-est du terrain des chevaliers de Saint-Jean, et remontait directement au nord, jusque vers l'endroit où la Voie Douloureuse prolongée en pensée viendrait recouper la rue droite qui, traversant toute la ville du sud au nord, vient aboutir à la porte de Damas. De ce point, la deuxième enceinte, faisant face au nord, venait rejoindre la tour Antonia.
Un renseignement très -intéressant et que je dois à mon ami RI. le comte Melchior de A^ogiié, vient tout à fait corroborer l'opinion de ceux qui, dians les restes de muraille judaïque retrouvés derrière le Saint -Sépulcre, voient un débris de la seconde enceinte; c'est que, dans des fouilles pratiquées au pied de cette muraille antique, on a déterré un certain nombre de balles de fronde en plomb , indices d'un combat sérieux qui aurait été engagé en ce lieu.
Des considérations historiques et militaires tout à la fois démontrent que lorsque le roi Ézéchias fit creuser la grande piscine intérieure qui se nomme aujourd'hui Birket-hammamel-Batrak (Piscine des bains du patriarche), il fallut de toute nécessité, pour mettre cette piscine à l'abri des insultes d'une
ce
armée assiégeante, la couvrir d'une muraille se détachant très-probablement de la première enceinte vers le point oîi est situé la tour Phasaël (tour de David), et contournant la piscine, pour venir se réunir à la seconde enceinte, à peu près vers le milieu de sa branche occidentale. Cette muraille, à laquelle je donne le nom de muraille d'Ezéchias, a dû vraisemblablement disparaître, lorsque la construction du mur d'Agrippa rendit sa présence complètement inutile. C'est du reste ce que la suite de notre étude du siège de Titus nous apprendra.
Passons à la troisième muraille, c'est-à-dire à la muraille dont la construction fut commencée par le roi Agrippa. Nous allons, cette fois encore, suivre à la lettre les indications de Josèphe.
« La troisième muraille partait de la tour Ilippicus, et « de là se dirigeant vers la région nord (oôsv (jieypt tou fiopeîo'j « yli^LCLTo; zaraTeivov) jusqu'à la tour Psephina , se prolongeait « ensuite en passant devant le tombeau d'Hélène (c'était une « reine d'Adiabime, mère du roi Izates) et à travers les « cavernes royales, se recourbait à la tour angulaire placée « dans le voisinage du tombeau du Foulon, et rejoignant l'en- « ceinte antique, se terminait contre la vallée dite vallée da « Cédron*.
Si l'on examine la carte , on reconnaîtra aisément l'exactitude de cette description concise qui s'applique à merveille à l'enceinte actuelle. La tour Hippicus, c'est celle qui est en contact presque immédiat avec la porte de Beit-lehm-; la tour Psephina, c'est le Qasr-Djaloud ; le tombeau d'Hélène était au pûté de roches placé à 200 mètres de la porte de Damas et un peu à gauche de la route de Naplouse; les
i. BelLJiid., V, IV, 2.
Cavernes royales sont les immenses carrières dont on a retranché la grotte dite de Jérémie, par le tracé de cette troisième enceinte. La tour angulaire est toujours à sa place, si le monument du Foulon a disparu, et la branche orientale de cette troisième enceinte vient bien se relier, contre la vallée du Cédron, à l'enceinte antique dont il y a un si magniQque reste à droite du Bab-Setty-Maryam, et au-dessus de la Piscine probatique.
Voyons maintenant ce que Josèphe nous dit de la construction de cette troisième enceinte.
« Le roi Agrippa lit construire cette muraille pour couce vrir tout le quartier dont la ville primitive s'était accrue , « et qui était resté ouvert jusque-là. En effet, la population « allant en augmentant, la ville avait peu à peu franchi « l'enceinte de ses murailles ; et comme le terrain placé au « nord du temple, sur le versant d'une colline, s'était rempli « de maisons, la ville ne s'étendit pas médiocrement au delà « des anciennes collines qui lui servaient d'assiette. De sorte « qu'une quatrième colline nommée Bezetha fut couverte <( d'édifices. Cette colline, placée en face d'Antonia, avait été « séparée de la forteresse par un fossé profond (entièrement « creusé de main d'homme) , de peur que les fondations d' An- « tonia, si elles continuaient à faire corps avec la colline « voisine, ne fussent d'un accès facile et trop peu élevées. <( Naturellement la profondeur de ce fossé augmenta d'autant « la hauteur des tours. Ce quartier, qui s'était enté sur l'an- « cienne ville, se nommait, parmi les indigènes, Bezetha, et <( ce mot traduit en grec signifiait Caenopolis (la ville neuve) . <{ Comme ceux qui habitaient ce quartier nouveau avaient « besoin d'être protégés par une muraille, le père du roi « actuel, nommé comme lui Agrippa, commença la construc- « lion du mur en question. Mais bientôt , craignant que
« Claudius Caesar ne vît dans l'exécution de ce vaste projet « un indice de mauvais dessein et de rébellion prochaine, « Agrippa fit arrêter le travail, lorsque les fondements du mur <( eurent été jetés. Ce mur eût été inexpugnable , en effet , si « on l'eût achevé comme il avait été commencé. Car les blocs « qui entraient dans la construction étaient longs de 20 <( coudées et larges de 10 ; et par conséquent ils ne pou- « valent être facilement minés par le fer, ni arrachés par les <( machines de guerre. Le mur composé de ces blocs avait « lui-même une épaisseur de 10 coudées, et il eût naturelle- « ment reçu une hauteur plus considérable, si la magnificence « de celui qui l'avait commencé n'eût été entravée. Plus tard « ce même mur, continué avec ardeur par les Juifs, fut élevé « à la hauteur de 20 coudées ; il fut couronné de créneaux <i (7upo(jiaywva<;) de 3 coudées munis de mantelets (zTzoLkl&t.:;) <( de 2 coudées. De sorte que la hauteur totale de la muraille « était de 25 coudées ^ »