Ibid., IV
Phasaël avait 40 coudées de côté et de hauteur.
Mariamme enfin avait 20 coudées de côté et de hauteur.
Si nous prenons la coudée hébraïque de 525 millimètres, ces mesures deviennent pour Hippicus i3™125 de côté et 15™70 de hauteur, le puits ayant 10'" 50 de profondeur.
Pour Phasaël , 21 mètres de côté et de hauteur, et enfin pour Mariamme 10'" 50 décote et de hauteur.
La tour sur laquelle s'appuie toujours l'enceinte extérieure de la ville a 16™ 40 sur son plus grand côté, et 13 mètres sur le plus petit; elle n'est donc pas carrée. Hippicus avait en nombre rond 25 coudées, soit 13'"125. Il y a donc, quant aux dimensions, similitude tout à fait satisfaisante.
Passons à Phasaël : celle-ci avait 21 mètres de côté, selon Josèphe. A la plate-forme supérieure, la tour de David , épaisseur du parapet comprise (laquelle est de O^TO) a 21"04 sur 16'"30. Elle n'est donc pas carrée non plus, mais l'une de ses dimensions, la plus grande, est identique avec celle que nous a transmise l'historien des Juifs. Cette fois encore nous pouvons conclure que la tour de David n'est que la tour Phasaël.
Reste la troisième tour, c'est-à-dire Mariamme. Suivant Josèphe, elle avait 10"" 50 de côté; la tour moderne a ll'"60 sur 10'" 40. Il y a donc encore accord satisfaisant. Je l'ai déjà dit bien des fois, rien ne change en ce pays. Ou il y a eu trois tours dans l'antiquité, trois tours ont toujours été maintenues et avec les mêmes dimensions. Josèphe les cite dans l'ordre suivant : Hippicus , Phasaël , Mariamme ; et une fois Hippicus identifiée, nous retrouvons, dans le même ordre, des tours ayant les dimensions accusées par Josèphe. En vérité- il faudrait être bien diflîcile pour ne pas voir ici autre chose que des coïncidences fortuites.
Reste enfin à trouver le puits signalé par Josèphe comme
appartenant à la tour Hippicus. Ce puits avait 20 coudées de profondeur, soit 10'" 50. Avec une ficelle et un caillou, nous avons mesuré la profondeur actuelle du puits existant dans la tour qui a remplacé Hippicus. En laissant descendre le caillou, même à travers la vase molle, jusqu'à refus, nous avons trouvé 6™35. Il y aurait donc, si la mesure donnée par Josèphe est rigoureusement exacte, 4*" 15 de décombres et de saletés de toute nature accumulés au fond de ce puits. Non-seulement cela n'est pas étonnant, mais j'ose dire que ce qui l'est à mes yeux , c'est que la couche encombrante ne soit pas plus considérable. Donc le puits lui-même peut à bon droit être reconnu pour celui dont a parlé Josèphe. Derrière les trois tours Hippicus, Phasaël et Mariamme, établies sur la branche septentrionale de l'enceinte antique, se trouvait immédiatement le palais du roi , dont la splendeur était au-dessus de toute description. Aucun édîfice ne pouvait lui être comparé pour l'élégance et la splendeur de la construction. 11 était entouré d'un mur de 30 coudées de haut et orné de tours magnifiques réparties à intervalles égaux sur tout son pourtour; on y voyait des salles de banquet garnies de cent lits destinés aux convives. Elles étaient revêtues des pierres les plus variées et les plus rares. Les toits eux-mêmes et les plafonds étaient admirables, autant par la longueur des poutres que par la richesse de l'ornementation. Il y avait une multitude de chambres, toutes remarquables par l'immense variété des décorations. L'ameublement entier était des plus précieux, et presque tous les vases qui en faisaient partie, étaient d'or ou d'argent. Plusieurs portiques concentriques, supportés par des colonnes de grand prix, l'entouraient. Les intervalles découverts qui les séparaient étaient resplendissants de verdure. On y trouvait de nombreux bosquets coupés par des allées de promenade, longeant de profonds étangs et
des citernes peuplés de figures de bronze qui répandaient une eau vive et abondante; auprès de ces fontaines étaient établis de nombreux colombiers. Enfin il est impossible de décrire toutes les splendeurs de ce palais , et il faudrait d'immenses efforts de mémoire pour se rappeler toutes les richesses dévorées par l'incendie qu'alluma la main des brigands. Ce ne sont pas les Romains, en effet, qu'il faut accuser de la destruction de ces merveilles ; mais c'est la torche de la guerre civile qui , ainsi que nous l'avons dit ailleurs , anéantit tout cela, au commencement de l'insurrection; car le feu, mis à Antonia d'abord, gagna de là le palais et dévora les tdïts des trois tours*.
Je ne sais si les paroles de Josèphe exagèrent les splendeurs du palais, mais ce que je sais, de visu^ c'est qu'il n'en existe aujourd'hui ni la moindre trace, ni le plus mince vestige.
Josèphe passe ensuite à la description du temple, et comme nous aurons amplement à en parler, en poursuivant notre étude du siège de Titus , il est de toute nécessité de reproduire cette description et de nous efforcer de la comprendre.
Après avoir longuement raconté comment Salomon parvint à constituer la plate-forme à moitié naturelle , à moitié artificielle, qui était destinée à servir d'assiette à une des merveilles du monde, Josèphe arrive k l'ensemble des édifices sacrés, et nous devons maintenant le copier scrupuleusement. « Les constructions supportées par ces fondations merveille leuses étaient dignes d'elles. Tous les portiques étaient « doubles; ils étaient soutenus par des colonnes monolithes « de marbre blanc, de 25 coudées de hauteur, que couronne naient des plafonds de cèdre. La richesse et le poli des
4, BelL Jud., V, IV, 4.
^( matériaux et la précision des assemblages donnaient à Ten- « semble de ces portiques un aspect splendide et dont on ne « pouvait perdre la mémoire, quoique la peinture et la sculp- <( ture ne fussent point employées à leur ornementation. Ils « avaient 30 coudées de largeur , et leur circuit , y compris « Antonia, avait un développement de 6 stades. Tout l'espace u découvert était pavé d'une mosaïque formée de pierres de « toute espèce^.
Le chiffre de six stades, soit 6 X 185 = 1,110 mètres, n'est pas exact; suivant toute apparence, il est notablement audessous de la réalité. Je n'en veux pour preuve que le calcul suivant. Si nous prenons la description du portique royal ou portique triple bâti par Hérode le long du grand mur méridional 2, nous pouvons facilement arriver au diamètre des colonnes dont quatre rangées supportaient ce portique; ce diamètre était de 3 coudées hébraïques, de 525 millimètres, et par conséquent de 1"575. Il y avait en tout, dit Josèphe, 162 colonnes, et ce nombre n'est pas divisible par 4. Première erreur. Le portique avait 1 stade de longueur, soit 185 mètres. Déduisant la somme des 41 diamètres des colonnes <le ces 185 mètres, il nous reste 120™ 575 pour la somme des entre-colonnements, et ce chiffre divisé par ftO nous donne 3 mètres environ pour chaque entre-colonnement, ce qui, architecturaleraent parlant, est absurde, avec des colonnes de 1"'575 de diamètre. Le chiffre de 6 stades donné pour le circuit total des portiques ne mérite donc aucune créance. Dès lors que nous sommes condamnés à nous méfler des chiffres de Josèphe, nous devons nous résigner à ne nous occuper que des dispositions générales qu'il indique, en exprimant notre regret de ne pouvoir rien dire de positif sur