Ibid., XV, XI
r.\0 LES DERNIERS JOURS
d'insurrection, au lieu de s'emprisonner dans un asile fort peu sfus sç serait réservé le moyen de gagner au besoin la campagne. J'avoue que cela ne me semble pas faire question.»
H ne nous reste plus maintenant qu'à reproduire la« description d'Antonia donnée par Josèphe, pour nous trouver enfin en mesure de reprendre notre récit du siège dfe Jéru-) siilem. Oue si quelqu'un de mes lecteurs blâmait d'aventure la longueur de la digression que je me suis permise à propos, du : temple, je répondrai^ d'abord : que cet édifice méritait, bien, par sa célébrité, que Ton sacrifiât quelques instants au. s(Mn de le décrire, et ensuite que le temple ayant été le théâtre de la partie la plus effroyable de la lutte des Romains» contre le patriotisme juif, il était bon d'avoir une idée nette et précise des lieux illustres dont nous aurons bientôt à. parler.
(c Antonia était située à l'angle de jonction des portiques, (( nqrd et ouest, faisant partie du premier hiéron. Elle était, (( construite sur une roche haute de 50 coudées (26'°, 25). « et à pic de tous les côtés. C'était l'œuvre du roi Hérode. (f qui y déploya toute sa munificence. Du haut en bas^ en «effet, la roche était révêtue de pierres de taille polies, « placées ainsi pour servir de décoration, mais aussi pour (( empêcher que l'on ne pût monter ou descendre le long de ses^ (t parois. Devant la forteresse elle-même régnait un parapet « de 3 coudées (!'", 575) de hauteur. En dedans de ce (i parapet , toute la superficie^ occupée par Antonia était un « carré de 40 coudées (21") ; à l'intérieur elle avait tout le (( développement et la forme d'un palais. Elle était, en effet, « divisée en pièces de toute espèce et de toute destination, a telles que portiques entourants, salles de bains, larges 9 places pour les troupes, de sorte que tout ce qui était « nécessaire à la vie s'y trouvant réuni, elle ressemblait « ii une ville, tandis que, par la splendeur de sa construction,
TU
ai u o
ca
<( elle avait l'air d'un palais. Comme elle affectait l'apparence c( d'une tour, elle avait ses quatre angles munis d'autres « tours, dont les unes avaient 50 coudées de hauteur « (26*", 25), tandis que celle qui était placée à l'angle sud-est « en avait 70 (36'", 75) , si bien que du sommet de celle-là (( on plongeait dans toute l'étendue du hiéron. Du côté oii (( elle était en contact avec les portiques du hiéron , elle était « munie de deux escaliers y aboutissant, et par lesquels des- « cendaient les troupes de garde (il y avait toujours dans « Antonia une garnison romaine) qui, dans les jours de fête, « étaient disposées en armes en différents points des por- « tiques, afin d'observer le peuple et de l'empêcher de faire u quelque mouvement imprévu. C'est ainsi que le temple « surveillait la ville, et Antonia le temple. Là se tenaient les « gardes de ces trois lieux ; mais la ville haute avait égale- « ment son poste de surveillance, qui était le palais d'Hérode. « La colline de Bezetha, ainsi que nous l'avons déjà dit, était « détachée d' Antonia ; comme c'était la plus élevée de toutes, « elle supportait une partie de la ville neuve, et seule elle « couvrait le hiéron du côté nord * . »
J'ai déjà dit à plusieurs reprises combien les chiffres de Josèphe devaient être tenus pour suspects. Nous trouvons pourtant cette fois la preuve qu'il ne faut pas toujours les rejeter sans examen. La roche qui supportait Antonia ft'a pas pu disparaître ; elle existe toujours en effet, et elle a bien près des 50 coudées (26"", 25) que Josèphe lui assigne; si on ajoute à cette hauteur celle de 70 coudées de la tour angulaire du sud-est (36'", 75), le sommet de cette tour aurait été, de la sorte, à 63 mètres au-dessus du pavé du hiéron. Ce chiffre paraît exorbitant, et cepenâant une de ses