BelLJud., V, V
deux parties au moins est réelle, ainsi que je vais le démontrer tout à l'heure. Quant à la superficie occupée par Antonia tout entière, elle est représentée par un carré de 21 mètres de côté, ce qui est véritablement fort modique. Les cotes de nivellement entre le sommet de la roche qui a supporté Antonia, et Tesplanade actuelle du Haram-ech-Chérif, sont 759,35 et 735,15. La crête de cette roche a donc encore en ce moment un commandement de 24", 20, ce qui se rapproche beaucoup, on le voit, des 26 ",25 auxquels Josèphe estime ce commandement. Mais il n'en reste pas moins difficile d'admettre que la tour angulaire avait 36*", 75 de hauteur au-dessus de la plate-forme d' Antonia, car à en juger par les 21 mètres de côté du carré qui supportait tout l'édifice , cette tour devait avoir un assez faible diamètre, et, par conséquent, elle eût fait l'efiet d'une véritable quille.
Il est grand temps maintenant de reprendre notre étude du siège.
Un passage du récit de Josèphe a une très-grande importance, c'est celui où il énumère les forces des assiégés. Analysons-le donc avec soin.
Les gens de guerre appartenant à la population de la ville, et les séditieux qui tenaient le parti de Simon, étaient au nombre de dix mille. Ils étaient sous les ordres de cinquante chefs, auxquels Simon lui-même commandait. Cinq mille Iduméens, sous les ordres de dix chefs, s'étaient ralliés à Simon! Ceux qui paraissaient leurs chefs principaux étaient Jacob fils de Sosas, et Simon fils de Cathlas. Jean, qui s'était emparé du temple, avait sous ses ordres six mille combattants, à la tête desquels étaient plus de vingt chefs. Après le succès de sa ruse, deux mille quatre cents Zélotes, déposant leurs haines récentes, s'étaient mis sous ses ordres, en conservant pour chefs particuliers leur ancien capitaine Eléazar, et Simon
lils d'Ari *. Cela fait un total de vingt-trois mille quatre cents hommes, et ce total, hâtons-nous de le dire, n'a rien que de très-acceptable.
La malheureuse population de Jérusalem avait été, pour ainsi dire, l'enjeu de la partie sanglante que ces trois factions distinctes avaient jouée jusque-là. A chaque combat qu'elles engageaient, la fortune des armes livrait les habitants inoffensifs aux caprices du vainqueur ; parmi le peuple, ceux qui ne prenaient parti ni pour l'un ni pour l'autre, étaient pillés par tous. « Simon occupait la ville haute et la grande muraille jusqu'au « Cédron, et de l'ancienne enceinte toute la partie qui, à partir « de Siloë, s' infléchissant à l'orient, descendait jusqu'au palais « de Monobaze (Monobaze était roi de l'Adiabène, pays situé a au delà del'Euphrate). Il était maître aussi de la fontaine, « du mont d'Acra (qui est la ville basse) et de tout ce qui « s'étend jusqu'au palais d'Hélène, mère de Monobaze. Jean « tenait le temple et tous les alentours , sur une assez grande « étendue, ainsi qu'Ophlas et la vallée du Cédron*. »
Voilà malheureusement des renseignements fort peu précis, et qui s'accordent assez difficilement avec les notions certaines que nous possédons sur la topographie de Jérusalem. Où était le palais de Monobaze? Nous n'en savons rien, bù était le palais d'Hélène sa mère? Nous ne le savons pas mieux,