‹ Les derniers jours de JérusalemChapitre 48 sur 147 · Ibid.y V, VI · texte numérisé non relu

Ibid.y V, VI

Voici comment Tacite dépeint l'état intériear de Jérusalem au moment de l'investissement :

Très duces, totidem exercitus. Extrema et latissima mœnium Simo; mediam urbem Joannes, quem et Bargioram vocabant; templum Eleazarus firmaverat. Muititudine et armis Joannes ac Simo , Eleazarus loco pollebat. Sed praelia, dolus, incendia inter ipsos, et magna vis frumenti ambusta. Mox Joannes, missis, per speciem sacrificandi, qui Eleazarum manumque ejus obtnincarent, templo potitur; ita in duas factiones civitas discessit, donec, propugnantibus Romanis, bellum externum concordiam pareret.

à moins que nous n'admettions, ce qui d'ailleurs est fort possible, que l'hôpital dit d'Hélène ait pris la place du palais d'Hélène. Simon tient la grande muraille jusqu'au Cédron; Jean de son côté tient la vallée du Cédron ; et puis le récit semble faire descendre la muraille jusqu'à Siloë, assertion dont sur le terrain l'absurdité saute aux yeux. Se figure-t-on en effet une muraille d'enceinte tracée le long de là plus grande pente d'une vallée abrupte, et pour couvrir quoi? une décliviU? absolument inhabitable? Puis, quelle distinction Josèphe entendait-il établir entre la grande muraille et la muraille ancienne? Comment le deviner, puisqu'il n'a pas pris la peine de le dire? Le seul moyen de nous tirer d'embarras est donc de fixer, s'il se peut, l'étendue de terrain occupée par l'un des deux chefs de la ville , et d'attribuer tout le reste à l'autre. C'est heureusement ce qu'il nous est assez facile de fai^e- « Jean tenait le temple et tous ses alentours, sur une assez « grande étendue, ainsi qu'Ophlas et la vallée du Cédron. >> Dès lors, nous plaçons Jean et son monde au Haram-ech- Chérif. Par le fait, il dominait toute la vallée du Cédron, dont il était ainsi maître. Ophel nous est bien connu aujourd'hui : c'est le terrain couvert par l'enceinte actuelle, depuis la porte des Moghrabins, jusqu'au bas de la mosquée d'El-Aksa. H est bien clair que toute la lisière de terrain environnant le Haram-ech-Chérif et commandé par lui, devait être égale- Ces détails sont à peu près d'accord avec le récit de Josèphe. Je dis « à peu près, » parce que Tacite appelle Jean, a Bargioras, » c'est-à-dire fils de Gioras, tandis qu'il est constant que c'était Sinnon qui portait ce nom, Jean étant fils de Lévi et nommé d'ordinaire Jean de Giscala. Enfin, le massacre d'Eléazar et de sa bande ne s'accomplit pas, comme Tacite semble le dird, cl comme Dureau de la Malle l'affirme dans sa traduction.

Somme toute, il me paraît très-vraisemblable qu'en écrivant, Tacite a\'ait sous les yeux le livre de Flavius Josèphe. Au reste, nous en trouverons une preuve palpable à propos des prodiges qui avaient annoncé, au dire de Josèphe, la ruine de Jérusalem et de la nationalité juive. i

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