‹ Les derniers jours de JérusalemChapitre 49 sur 147 · PALAIS D'HÉLÈNE, REINE D'ADIABÈNE · texte numérisé non relu

PALAIS D'HÉLÈNE, REINE D'ADIABÈNE

Hôpital de Sainte -Hélène.

DE JÉRUSALEM. t>o5

menl sous la domination de Jean. Cette lisière doit être trèsapproximativement limitée par une ligne parallèle à la face occidentale du Haram-ech-Chérif et partant de la porte actuelle des Moghrabins, pour remonter directement au nord, jusqu'à rhôpital d'Hélène (ce qui, soit dit entre parenthèses, me paraît justiûer l'identification de cet hôpital avec le palais de la reine d'Adiabène, au point de vue topographique). Je suppose de plus qu'à partir de ce point, la limite de la domination effective de Jean et de ses adhérents suivait la rue moderne qui va aboutir au nord-ouest de la porte actuelle de Damas, site certain des tours des Femmes.

Tout le reste de la ville devait être sous la main de Simon, et nous n'avons plus dès lors à nous occuper des détails présentés par le récit de Josèphe , et qui ne paraissent pas suffisamment clairs par eux-mêmes. On est conduit aussi à supposer que le palais de Monobaze devait être situé vers le point où se trouve aujourd'hui l'hôpital juif, c'est-à-dire h l'extrémité sud de l'escarpement oriental du mont Sion, faisant face à l'angle sud-ouest du Haram-ech-Chérif. On conçoit d'ailleurs que la situation de Simon lui ait permis d'être seul maître de la fontaine de Siloë.

Maintenant que je crois avoir suffisamment éclairci ce qui est relatif à la répartition des différents quartiers de Jérusalem entre les deux factions qui se disputaient la suprématie, je puis reprendre le cours de mon récit.

Les deux partis en guerre avaient, en brûlant tout ce qui se trouvait entre eux , préparé une sorte de champ de bataille perpétuel. 11 ne faut pas croire que la présence des camps romains, devant les murailles de la ville, avait fait cesser les dissensions intestines ; au premier moment , l'arrivée subite de l'étranger avait bien calmé l'exaspération des belligérants ; mais ce bon effet avait été de courte durée , et pres-

que aussitôt la guerre civile s'était rallumée. Ils se battaient donc incessamment entre eux , et faisaient ainsi tout ce qu'il fallait pour servir à merveille les desseins des assiégeants ^

Ces faits suggèrent à Josèphe d'amères récriminations contre ses compatriotes, récriminations que je juge inutile de reproduire, en me contentant d'en rapporter la conclusion. (t Oui, dit Josèphe, j'affirme que la sédition a détruit la ville, « et que les Romains ont détruit la sédition, obstacle bien « autrement difficile à vaincre que les murailles de la cité. « Aussi les Juifs doivent-ils attribuer aux leurs les tristes « calamités qu'ils ont eu à endurer, tandis qu'ils doivent « attribuer aux Romains tout ce qui leur est arrivé de juste « et de bon. J'en fais juge quiconque connaît les événe- « ments*. »

Moi, j'en fais juge quiconque prendra la peine de lire ce livre.

Pendant que telle était la situation des choses à l'intérieur de la ville, Titus, accompagné d'une escorte de cavaliers d'élite, opérait avec soin la reconnaissance de l'enceinte, pour fixer définitivement son point d'attaque. Après avoir longuement hésité, parce que partout oii l'enceinte était couverte par des vallées, les approches étaient impossibles, et que de plus le mur primitif paraissait trop solide pour que les machines pussent l'entamer, il se décida à commencer les attaques à proximité du monument du grand prêtre Jean. Là en effet la muraille à battre était moins élevée, et elle ne se reliait pas à la seconde, par la raison qu'on n'avait pas eu de souci de multiplier les défenses dans la partie de la nouvelle ville qui était la moins habitée; à partir de là, il lui serait facile de marcher sur la dernière muraille, à travers laquelle il devait prendre la

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