‹ Les derniers jours de JérusalemChapitre 62 sur 147 · BelLJud., V, VIII, î · texte numérisé non relu

BelLJud., V, VIII, î

iHi LES DERNIERS JOURS

DATKS DATES

UACKIiONlRMNBS. DB l'JCRB CHRETIENNE. RVBNBUBNT8 DU JOTR.

Artomisius...

Avril...

La seconde enceinte est gagnée et reperdue.

Combats continuels devant la brèche.

La deuxième enceinte est définitivement prise et sa partie septentrionale est démolie.

Titus n'avait pas encore perdu toute espérance de voir les Juifs venir à composition; il crut donc bon de ralentir quelque peu les opérations du siège, pour donner à l'ennemi le temps de réfléchir. Il comptait cette fois sur la démoralisation qu'avaient dû jeter parmi les assiégés, et la ruine de la seconde enceinte, et l'imminence de la famine, dont la rapine ne pouvait plus guère retarder la venue. D'un autre côté, il voulait utiliser ce temps d'arrêt, et comme le moment était venu de faire aux soldats les distributions nécessaires, il donna l'ordre au\ chefs de corps de rassembler leurs troupes en vue de la place, et de compter la solde à tous les hommes de l'armée. Ceux-ci, suivant la coutume, ayant mis toutes leurs armes au grand jour (à7roxaXutj;avT€; Ta o^Xa ÔTixatç eeTxeiracptiva, ayant tiré leurs armes de leurs étuis) , furent passés en re\iie, les fantassins armés de pied en cap, et les cavaliers montés sur leurs chevaux richement caparaçonnés. Les abords de la ville resplendissaient d'or et d'argent, spectacle à la fois rassurant pour les Romains et terrible pour les Juifs. Ceux-ci couvraient la vieille muraille et toute la partie septentrionale du hiéron ; toutes les maisons se montraient remplies de spectateurs, si bien que la ville entière disparaissait sous une innombrable multitude. Les plus audacieux étaient consternés à la vue de toutes les troupes romaines réunies , couvertes d'armes

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splenilides et dans Tordre le plus parfait. Je suppose, ajoute Josephe, que les séditieux eussent capitulé, s'ils n'avaient été convaincus que les crimes dont ils s'étaient souillés envers la population de Jérusalem n'avaient aucune grâce à espérer de la pitié des Romains; s'ils se rendaient, ils se sentaient voués au supplice ; mieux valait mille fois mourir les armes à la main. Ainsi il était écrit que les innocents et les coupables , que la ville et les séditieux périraient ensemble * !

D'après ce qui précède, il est clair que la revue que nous venons de décrire fut passée en avant du front de bandière du camp, et que les troupes romaines furent rangées en bataille devant ce qui restait à prendre de la malheureuse Jérusalem.

Quatre jours entiers furent employés à faire les distribulions réglementaires aux légions. Le cinquième jour, comme les Juifs n'avaient manifesté aucune intention pacifique, Titus^ répartit ses troupes en deux corps, et fit commencer la construction des aggeres, devant Antonia et à côté du monument du Grand-Prêtre Jean. Cette double attaque pouvait seule le rendre maître de la ville haute et du hiéron ; et encore fallaitil que le hiéron fut enlevé, pour que la ville haute pût être prise sans un trop grand danger.

A chaque attaque, deux ag gères devaient être élevés, et la construction de chacun d'eux était dévolue spécialement à une légion. Du côté du tombeau de Jean, les Iduméens et les soldats de Simon tenaient tête aux travailleurs et les inquiétaient par de continuelles sorties. Quant à ceux qui étaient établis devant Antonia, les compagnons de^ Jean et la bande des Zélotes étaient chargés de les contenir. Ceux-ci avaient un grand avantage parce qu'étant placés

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dans des positions très-dominantes, ils tenaient leurs adversaires sous la main ; de plus, ils avaient appris, petit à petit, à se servir avec succès des machines de guerre. Or, ils avaient à leur disposition trois cents scorpions et quarante balistes, à l'aide desquels ils entravaient très-eflicacenient la construction des ag gères. Titus, qui savait parfaitement que vouloir sauver la ville, c'était vouloir se perdre, Titus pressait à la fois les travaux du siège et tentait, avec non moins d'ardeur, tous les moyens possibles d'amener les Juifs à composition. Il pensait que les paroles valent quelquefois mieux, que les armes, et tout en ne négligeant rien pour le prompt succès de celles-ci, il faisait engager les assiégés à penser à leur salut, et à rendre leur ville qui semblait déjà prise ; c'était Josèphe qu'il chargeait de leur faire ces ouvertures, dans leur propre langue, parce qu'il supposait qu'ils écouteraient plus favorablement les supplications d'un de leurs compatriotes*.

Avant de donner des détails sur la mission inutile de Josèphe, continuons à fixer les dates que nous rencontrons (*hemin faisant dans notre récit.

DATBS DATES

MAC'éDONIBNNBS. DE L'ÎCKE CHRÉTIBNMB. ÉVÉNEMENTS DU JOUR.

Artemisius. ... 13. Avril C. \ Ces quatre jours sont consacrés à la

— 14. — 7. f revue de l'armée romaine et à la

— 15. — ^' \ distribution des vivres et de la

— 16. — 9. ) solde.

— 17. — 10. Les aggeres sont commencés contre

Antonia et contre la ville haute.

Maintenant, voyons comment Josèphe s'acquittait de la commission épineuse que lui avait confiée Titus. Il parcourait les abords des murailles, tout en ayant soin de se tenir hors

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