‹ Les derniers jours de JérusalemChapitre 64 sur 147 · Ibid., V, IX · texte numérisé non relu

Ibid., V, IX

Arrivés à ce point du récit de Josèphe, nous rencontrons un long discours, quelque chose comme une leçon d'histoire, qu'il prétend avoir eu l'idée de faire entendre aux défenseurs de Jérusalem, afin de les convaincre un peu mieux qu'il ne l'avait fait par sa première tirade. Je ne me sens pas, je l'avoue, le courage de transcrire ce discours qui est l'œuvre médiocre d'un rhéteur, et qui n'a rien de commun avec le cœur d un homme de guerre*. Je me contenterai donc d'en reproduire la conclusion ; après avoir imploré la pitié des Juifs pour leurs pères, leurs femmes et leurs enfants que la guerre et la famine vont bientôt anéantir : « Ma mère , ma femme, « ma famille, ma maison enfin qui n'est pas sans illustration, « tout cela est exposé aux mêmes dangers que vous. Peut- « être croyez-vous que c'est à cause d'eux que je vous parle « ainsi ; eh bien, tuez-les! prenez mon sang pour prix de votre « salut; je suis prêt à mourir, si ma mort [)eut vous rendre « plus sages*. »

Ces dernières paroles sont vraiment belles, et empreintes d'une énergie sauvage. En les prononçant il semble que le défenseur de lotapata, que le Juif patriote se réveille. Bien que je ne fasse aucun cas du long discours que je me suis dispensé de reproduire, je n'ai pu résister au plaisir de citer ces paroles qui m'ont paru à la hauteur du drame terrible qui se jouait.

Josèphe nous dit qu'il pleurait, en criant à ses compatriotes ses dernières phrases; certes, nous pouvons l'en croire. Quant aux séditieux, ils ne se laissèrent pas toucher, et ils n'eurent aucune confiance dans le sort qui leur serait réservé, s'ils changeaient d'avis. En revanche, le peuple n'eut plus

1. Qui voudra le lire, le trouvera au paragraphe 4 du chapitre ix du livre V de la Guerre Judaïque,

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