DISTANCES
20 Stades \ (soit moins de | 4 kilomètres.)
CAMPBMBNT8,
BéjOVRft
Alexandrie ....
indiqués par
Josèphe.
Nicopolis
Thmouis
Tanis
1" campement.
Hûracléopolis..
Péluse
Pas^a^c de la bouche pélusiaqne
('•éJOUT
de48httiiret.)
Temple de Ju* piterCasius..
Campement.
4* campement. 5* —
Ostracine
Rhinocorura. . .
Raphia
Gaïa.
Ascalon
lamnia ......
Joppé
Césarée
Prenons maintenant les grandes divisions de cet itiné-
raire.
D'Alexandrie à El-Arich, qui très-certainement a pris la place de Rhinocorura, il y a, à vol d'oiseau, 370 kilomètres en chiffres ronds. D'El-Arich à Césarée il y a encore 200 kilomètres. Cela fait un total de 570 kilomètres que nous pouvons hardiment , et en calculant au plus bas, augmenter de 30 kilomètres pour tenir compte des sinuosités de la route. Voilà donc 600 kilomètres parcourus par un corps d'armée en marche, et , ne l'oublions pas, en marche la plupart du temps dans le désert , dans des marais, ou tout au moins sur une côte sablonneuse où Ton ne trouve que de loin en loin de l'eau
480 LES DERNIEKS JOURS
potable. Dans de semblables conditions, les troupes ont dû avoir grandement à souffrir, et il est évident à priori que partout où des séjours ont pu leur être accordés, dans des conditions assez favorables pouj' qu'elles pussent se refaire , ces séjours ont dû être ordonnés par un capitaine aussi expérimenté que Titus. Il me paraît donc très-probable que ce que Josèphe désigne sous le nom de campement, signifie un séjour, c'est-à-dire un repos d'au moins une journée.
D'un autre côté, si nous tenons compte des distances kilométriques qui séparent quelques-uns des points d'étapes successives indiquées par Josèphe, nous trouvons :
De Thmouis à Tanis (de Tmi-el-Emdid à San) , 31 kilomètres, et encore, entre ces deux localités rencontre-t-on la plaine de Daqhelieh qui est inondée chaque année pendant huit à neuf mois. C'est une forte étape, sans doute, mais cependant elle n'a rien d'exorbitant.
De Tanis (San) à Péluse, à vol d'oiseau il y a 60 kilomètres, mais cette distance est coupée en deux par l'étape d'Héracléopolis.
De Péluse k Rhinocorura ou El-Arich, avec étapes intermédiaires au temple de Jupiter Casius et à Ostracine, station dépourvue d'eau, nous trouvons, toujours à vol d'oiseau, 129 kilomètres qui, divisés par 3, nous donnent, pour chacune de ces étapes, une moyenne de 42 kilomètres, soit dix lieues et demie.
Cela paraît véritablement bien peu admissible.
Enfin d' El-Arich à Gaza il y a 91 kilomètres , et cette distance, partagée en deux par la station de Raphia, nous donne encore une moyenne de 45 kilomètres et demie, ce qui est énorme.
De Gaza à Joppé il y a 75 kilomètres ; mais au moins celte route est parcourue en trois étapes, dont la moyenne n'est
plus que cle 25 kilomètres. Cette fois donc nous nous trouvons en présence de chiffres raisonnables.
Enfin, de Joppé à Césarée il y a 55 kilomètres, distance qui ne saurait être franchie en un jour. Il est donc à peu près certain que le récit de Josèphe doit être pris pour ce qu'il vaut , c'est-à-dire pour un itinéraire pur et simple , et non pour un journal d'étapes.
Au reste, il y a mieux encore que cela. Dès le début de ce récit, nous lisons que Titus, en quittant Alexandrie, alla s'embarquer sur le Nil à Nicopolis, à 20 stades de son point de départ. 20 stades, c'est moins de 4 kilomètres. Or, le Nil proprement dit, pour former le Delta ^ se divise en deux branches, celle de Rosette, qui est la plus proche d'Alexandrie, et celle de Damiette. D'Alexandrie à la branche de Rosette, il n'y a pas moins de 60 kilomètres, et il y a loin de là aux 20 stades de Josèphe, on en conviendra. Heureusement l'on peut donner une autre explication à cette partie du texte.
S'il est vrai que Titus se soit embarqué à 20 stades d'Alexandrie, à un point qui s'appelait Nicopolis, ce point, tout le monde sera d'accord pour le retrouver au camp de César, station militaire importante, placée entre Alexandrie et Ramleh, à ft'^SSO'" d'Alexandrie. Le récit de Josèphe s'adapte très-bien à cette localité, et alors il faut de toute nécessité admettre que Titus s'est embarqué sur le canal dit d'Alexandrie. Ce canal, qui va passer un peu au nord de Damanhour, rejoint la branche de Rosette à Er-Rahmanieh. La flotille de Titus, à partir de là, aura remonté le Nil jusqu'à Nekleh, où un nouveau canal part de la rive droite, entre El-Farastaq et Mahallet-Leben. C'est le canal nommé canal de Chibin-el-Qoum. Celui-ci se bifurque à Melidj, et la branche qui remonte au nord prend le nom de canal de Melidj. Il incline de l'ouest à l'est, à Mit-el-Êdjil , et vient
se jeter un peu au sud de Mit-Nabit, entre Sammanour et Mansourah, dans la branche de Damielte. Sur l'autre rive (rive droite), vis-à-vis Mit-Nabit, se détache un canal à moitié desséché aujourd'hui, et qui conduisait jusqu'à Mendès en passant par Thmouis.
Est-ce cette voie fluviale que Titus avec son corps d'armée a suivie? Je suis tout à fait porté à le croire; mais, en ce cas, cette navigation a dû lui prendre beaucoup de temps.
Il ne me reste plus qu'à noter le moment de Tannée où dut avoir lieu le départ de Titus d'Alexandrie. Josèphe nous dit que Vespasien, s'apprêtant à s'embarqUer pour Rome, à la fin de l'hiver (V/f^avro; tou /etfJLwvoç) , envoya son fils Titus faire le siège de Jérusalem (tov Je uiov Titov... cc7w£GT2t>.£v s^aipYÎGovra Ta *l£(>oGjlu[;-a). Par la fin de l'hiver, aussi bien pour l'Egypte que pour la Syrie , c'est très-probablement la fin de janvier qu'il faut entendre \ Cette hypothèse trouvera sa vérification plus loin.
Quoi qu'il en soit, voilà Titus arrivé à Césarée. Voyons maintenant comment était composée l'armée expéditionnaire placée sous ses ordres et destinée à faire le siège de Jérusalem. En quittant l'Egypte, ce prince avait emmené avec lui deux mille hommes d'élite, pris dans les rangs de l'armée d'Alexandrie, et auxquels étaient venus se joindre trois mille hommes em'pnmtés au corps d'observation placé sur les rives de l'Euphrate.
Quatre légions * étaient en Judée, et allaient prendre part aux événements qui se préparaient. C'étaient d'abord les trois légions qui , sous les ordres de Vespasien , et pendant deux étés successifs, venaient de dévaster la Judée ; puis la douzième qui avait éprouvé un si cruel échec peu d'années auparavant,
i. DpU.Jud.,iy, XI, 5.