‹ Les derniers jours de JérusalemChapitre 78 sur 147 · I. Bell. Jud., V, XI, o · texte numérisé non relu

I. Bell. Jud., V, XI, o

ne se fût décidée à. rentrer dans la ville, dès qu'elle vit la ligne de bataille modifiée par l'intervention de Titus.

Les Romains, quoiqu'ils fussent restés maîtres du terrain, n'en voyaient pas moins leurs aggeres ruinés; une heure avait suffi pour anéantir les ouvrages qu'ils avaient mis tant de jours à construire. Ils étaient donc consternés et beaucoup d'entre eux commençaient à croire qu'ils ne prendraient jamais la ville, avec les seules ressources dont ils pouvaient disposer*.

Après cet événement, Titus assembla le conseil de guerre, et on y discuta le parti qui restait à prendre. Les plus ardents voulaient que l'armée entière fût menée à l'assaut. Ils appuyaient leur avis sur ce fait que les Juifs, n'ayant eu affaire jusqu'alors qu'à de faibles détachements, ne tiendraient probablement pas devant toute l'armée réunie, et que d'ailleurs s'ils tenaient, ils seraient bientôt écrasés sous les traits qui leur seraient envoyés. Les plus prudents conseillaient d'élever de nouveaux aggeres. D'autres enfin étaient d'avis que l'on devait s'en passer, et qu'il suffisait de bloquer étroitement la ville pour empêcher d'y introduire des vivres; la famine toute seule devant finir la besogne, sans qu'il fût besoin d'engager de nouveaux combats. Car il n'y avait pas lieu de batailler plus longtemps avec des forcenés qui n'avaient pas de plus chère espérance que celle de mourir par le fer ennemi, mais que le manque de vivres ferait promptement périr d'une mort plus horrible.

Quant à Titus, il ne croyait pas digne d'une armée aussi puissante que celle qu'il commandait, de s'abstenir de toute action ; et pourtant, d'un autre côté, il convenait qu'il était inutile de harceler ceux qui devaient fatalement s'entre-

Page 1