liell. Jud., V, XI
détruire. Construire de nouveaux aggeres était chose bien difficile, à cause de la pénurie des bois de construction ; il était plus difficile encore de surveiller efficacement les sorties des maraudeurs. Construire une ligne de contrevallation continue n'était guère aisé, à cause de l'étendue de la ville et des difficultés du terrain. Il lui semblait, de plus, fort imprudent, sans avoir pris cette précaution , de tenter de nouvelles attaques contre les murailles. Fermer les issues ouvertes ne suffirait pas, parce que la nécessité et la parfaite connaissance des lieux en feraient découvrir de secrètes aux Juifs. Laisser, par un moyen quelconque, pénétrer des vivres dans la place, c'était faire traîner le siège en longueur; il était enfin à craindre que la durée du temps employé ne diminuât l'éclat de îa victoire, car, avec du temps, tout peut se faire, tandis que la promptitude du succès en décuple la gloire. Il conclut en disant que si Ton voulait concilier la sécurité des troupes avec la célérité des opérations , il n'y avait plus d'autre moyen que de construire une ligne de contrevallation continue, pour clore ainsi toutes les issues ; que les Juifs alors, désespérant de leur salut, se décidviraient à rendre la ville, ou la laisseraient facilement prendre, quand la famine aurait eu raison de leur énergie ; que lui-même d'ailleurs ne resterait pas dans l'inaction, et qu'il recommencerait les aggeres, lorsque les assiégés ne seraient plus en état de s'opposer efficacement à leur construction; que si quelqu'un trouvait cette œuvre gigantesque et trop difficile, il le priait de réfléchir qu'il n'était pas digne du nom romain de faire de petites choses, et qu'à Dieu seul il était facile d'en exécuter de grandes et sans labeur * .
Cet avis ayant été goûté par tout le conseil, les chefs de corps reçurent l'ordre de porter immédiatement les troupes