‹ Les derniers jours de JérusalemChapitre 80 sur 147 · I. Bell. Jud., V, XI · texte numérisé non relu

I. Bell. Jud., V, XI

dont ils disposaient sur la ligne des travaux. 11 sembla alors qu'une ardeur surnaturelle s'était emparée du soldat. Le pourtour de la ville ayant été également réparti aux travailleurs, on vit non-seulement les légions, mais dans chaque légion les cohortes, faire assaut d'émulation. Le simple légionnaire s'efforçait de plaire au décurion, le décurion au centurion, le centurion au tribun, et les tribuns, enfin, luttaient d'enthousiasme avec les légats. Quant à Titus, son approbation était la récompense de ces nobles efforts ; il ne cessait d'ailleurs de se porter de sa personne sur tous les points, et il inspectait chaque jour tout l'ensemble de l'ouvrage.

La ligne de contrevallation partant du camp des Assyriens, où était dressée la tente du prince, descendait à la partie la plus basse de la ville neuvç, et de là, traversant la vallée du Cédron, elle gagnait le mont des Oliviers ; s'indéchissant ensuite au midi, elle entourait la montagne jusqu'à la roche nommée le Péristéréon, puis la colline voisine qui domine la vallée où se trouve la piscine de Siloam ; de là, tournant à l'occident, elle descendait dans la vallée de la Source. Puis, remontant auprès du tombeau du grand prêtre Ananus, et contournant la montagne sur laquelle Pompée avait jadis établi son camp, elle revenait vers le nord, s'avançait jusqu'à un certain hameau nommé la Maison des pois chiches ('Epsêivôoov okoç), et, enveloppant ensuite le monument d'Hérode, elle venait, en se dirigeant vers l'orient, rejoindre les retranchements du camp, duquel elle s'était détachée à son point de départ. Cette ligne énorme avait trenteneuf stades de développement. Extérieurement étaient construits treize castella, dont la somme des pourtours était de dix stades. Tout cela fut fait en trois jours, tandis que l'on aurait pu craindre qu'il ne fallût des mois entiers pour l'achever; trois

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jours seulement pour une œuvre aussi gigantesque, c'était incroyable.

Quand la ville eut été ainsi emprisonnée, et des garnisons placées dans les caslella, Titus se réserva les premières rondes de nuit ; les secondes furent données à Alexander, et les légats des légions furent chargés des troisièmes. Les hommes de garde se distribuaient par la voie du sort les heures de sommeil, et pendant toute la durée de la nuit, des patrouilles parcouraient les intervalles des castella^.

Nous devons forcément nous arrêter ici et discuter avec le plus grand soin les principaux renseignements topographiques que Josèphe vient de nous fournir.

Nous avons déjà fixé plus haut la position du camp des Assyriens, c'est-à-dire de l'emplacement même qui servit d'assiette au camp de Titus, lorsque ce prince se fut rendu maître de la première enceinte ou muraille d' Agrippa. C'était évidemment le flanc méridional du mont de Bezetha. Entre le sommet de ce mont et le niveau du seuil de Bab- Setty-Maryam, point le plus bas de la ville neuve, il y a une différence de 42 mètres (les cotes extrêmes de nivellement étant 786 et 744). Mais comme cette porte n'est guère qu'à 50 mètres de la face nord du hiéron, il est probable que la contrevallation sortait de l'enceinte, telle qu'elle est aujourd'hui, vers un point un peu plus élevé que l'emplacement de l'église de Sainte-Anne, en suivant la direction de la ruelle la plus au nord, qui court parallèlement à la Voie Douloureuse. Là, on était à 200 mètres des Juifs postés sur la grande tour de construction judaïque qui forme l'angle nord-est du Haram-ech-Chérif. A partir de ce point, ou d'un point certainement très-voisin, la contrevallation descendait au fond du

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