‹ Les derniers jours de JérusalemChapitre 83 sur 147 · Bell. Jud„ V, XII · texte numérisé non relu

Bell. Jud„ V, XII

2. Je ne sais si Matthias 61s de Boëthus méritait l'accusation qui fut portée contre lui, mais il paraît bien certain que les traîtres ne manquaient pas à Jérusalem. Nous trouvons dans le traité Aboth de Rabbi Nathan (c. iv), qui confond Vespasien avec Titus, le passage suivant :

Quand Vespasien vint pour détruire Jérusalem, Rabbi lochanan en eut avis ; il convoqua les habitants de Jérusalem et leur dit : <r Mes enfants, pourquoi voulez-vous causer la ruine de cette ville et l'incendie du temple? Que vous demande l'ennemi? le simple désarmement. » Ils répondirent: a De môme que nous avons soutenu la lutte contre ses deux prédécesseurs, de même, nous sortirons contre lui, et nous le tuerons. » Vespasien avait des partisans logés près des murs de Jérusalem ; tout ce qu'ils entendaient, ils l'écrivaient sur des flèches qu'ils lançaient par dessus les murailles ; ainsi ils annoncèrent que Rabbi lochanan était un ami de César, et qu'il avait fait des remontrances pacifiques aux habitants de Jérusalem.

lui avait rendu, lorsqu'il l'avait fait admettre dans la place; pour toute réponse, le misérable ordonna de le tuer le dernier. Il fut donc égorgé sur les corps de ses trois fils assassinés sous ses yeux, après avoir été conduit en un point d'où leur supplice pouvait être vu des Romains. Simon avait chargé de l'office de bourreau Ananus fils de Bamadus, le plus cruel de ses satellites, et il avait pris cette disposition, afin que, si les Romains essayaient de faire quelque chose pour sauver Matthias, il pût lui-même tenter une sortie contre eux. Pour mettre le comble à son infamie, il défendit de donner la sépulture aux corps des suppliciés. Après ces quatre victimes, un prêtre d'illustre naissance nommé Ananias fils de Masambal, le secrétaire du Sanhédrin, Aristeus d'Emmaûs, et avec eux quinze des principaux notables du peuple furent égorgés. Le père de Josèphe l'historien fut jeté en prison, et il fut proclamé dans toute la ville qu'il était absolument interdit de lui adresser la parole ou même de s'approcher de lui, si l'on ne voulait être soupçonné de trahison. Quant à ceux qui osaient se plaindre en commun, ils étaient mis à mort sans autre information *.

Ces abominations étaient, on en conviendra, de nature à motiver les défections. Le premier qui essaya de se soustraire à ce régime de terreur fut Judas fils de Judas, l'un des chefs que Simon avait mis à la tête de ses adhérents et qu'il avait préposé à la garde d'une des tours de la ville. Ému probablement du sort des malheureux qu'il venait de voir égorger avec tant de cruauté, mais bien plutôt désireux de se mettre lui-même à l'abri du supplice, il convoqua secrètement dix de ses affidés, dans lesquels il avait la plus entière confiance, et il leur parla de la sorte : « Jusqu'à quand

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