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%. Le hin était une mesure de capacité judaïque, équivalente à 3 litres, 04 5.
entière périt-elle par la folie furieuse de ceux qui s'étaient chargés de la défendre*. »
On le voit, la haine de Josèphe contre ceux qui avaient fait le sacrifice de leur vie, pour se soustraire à la domination étrangère, se fait parfois brutalement jour. L'historien qui avait déserté la cause de la patrie, impute tous les crimes à ses adversaires politiques, et il exhale cette fois son indignation, à propos de faits que je ne me sens guère disposé à voir du même œil que lui. Les hommes déterminés à mourir et à défendre jusqu'au dernier soupir le sanctuaire de leur culte et de leur patriotisme, boivent le vin consacré et rendent quelque souplesse à leurs membres exténués par la lutte, en les oignant de l'huile destinée aux sacrifices. Singulier crime, on en conviendra, pour des gens que la famine étreint, et qui combattent à chaque heure du jour et de la nuit! Je n'hésite pas à le dire, c'est Jean de Giscala qui a le beau rôle, et je ne puis pas me défendre de ressentir plus d'estime^ pour lui que pour Josèphe. Oui, il a eu mille fois raison de dire à ses compagnons que le temple devait nourrir ses défenseurs. Que Josèphe, aveuglé par la haine de parti, incrimine sans hésiter tous les actes des héroïques défenseurs de Jérusalem, libre à lui! Mais, pour nous qui n'avons pas à subir les exaspérations d'une passion injuste, nous devons juger beaucoup plus froidement les hommes et les événements, et rien ne peut nous empêcher d'admirer en toute sincérité ce qui est vraiment digne d'admiration. Réduits à ne pouvoir consulter que les documents fournis par le représentant de l'un des partis qui déchiraient la nation juive, nous comprenons à merveille que, puisque les documents contradictoires font défaut, nous devons n'accueillir qu'avec défiance
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les renseignements qui nous viennent d'une plume partiale, et ne les utiliser qu'à la condition de les examiner de très-près, et de les soumettre au besoin à une appréciation sévère.
Mais reprenons notre récit , ou plutôt le récit de Josèphe.
A quoi bon décrire en détail ces scènes de mort ? Quelques faits généraux suffiront. Ainsi Mannœus fil^ de Lazare, qui, vers cette époque du siège, se réfugia au camp de Titus, affirma que, par une seule porte de la ville, on avait porté au dehors cent quinze mille huit cent quatre-vingts cadavres, depuis le jour où les Romains étaient venus camper à proximité des murailles, c'est-à-dire depuis le 14 du mois de Xanthicus (7 mars) jusqu'au 1**^ du mois de Panemus (25 mai), soit soixante-:lix-neuf jours. C'était un nombre immense. Mannaeus n'était pas préposé à la garde de cette porte ; mais comme il était chargé de payer aux frais du trésor public le prix de l'enlèvement des corps, il avait bien fallu qu'il en constatât le nombre. Pour ceux qui n'étaient pas du bas peuple, leurs proches restaient chargés de leur sépulture. Voici, du reste, en quoi consistait cette sépulture : on transportait les corps et on les jetait hors de la ville. Après Mannaius, beaucoup d'autres notables, transfuges comme lui, affirmèrent que le nombre des pauvres dont les cadavres avaient été jetés par les différentes portes, s'élevait à six cent mille, mais qu'il n'était pas possible de trouver le nombi-e des autres. Quand les bras avaient manqué pour effectuer le transport des indigents, on avait entassé leurs cadavres dans les plus grandes maisons, que l'on avait clôturées ensuite.
Le prix de la mesure de froment était devenu d'un talent, et plus tard, lorsque, la ligne de contrevallation une fois construite, il n'y eut plus possibilité d'aller chercher de l'herbe
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hors de la ville, il y eut des infortunés que la faim condamna à fouiller les égouts et à rechercher les vieilles fientes de bœuf, pour en tirer quelques débris ou quelques grains qu'ils dévoraient. Chose affreuse a dire, ce dont on détournait jadis les regards avec horreur était devenu une nourriture.
A ces récits, les Romains se sentaient émus de pitié. Quant aux séditieux, la vue de ces effroyables misères ne les touchait nullement, et ils étaient décidément prêts à les partager. La fatalité qui pesait sur la ville et sur eux-ujémes les avait tous aveuglés*.
Il n'est pas possible de ne pas taxer d'exagération, et, je le dis sans hésiter, d'exagération monstrueuse, les chiffres que Josèphe vient de nous fournir. Il a pris soin de nous donner le nombre des combattants placés sous les ordres de Jean de Giscala et de Simon fils de Gioras, et, nous l'avons vu, ce nombre n'excédait pas vingt-trois mille hommes. Je le demande, est-il croyable que six cent mille personnes aient consenti à être victimes de la brutalité de ces vingt-trois mille soldats, que les armes romaines décimaient d'ailleurs chaque jour, et dont ils auraient eu raison, rien qu'en se ruant sur eux pour les étouffer? El d'ailleurs, comment admettre la présence de plusieurs centaines de mille âmes, dans un espace aussi restreint que celui qu'occupait Jérusalem, même en supposant que chaque maison eût plusieurs étages, ce qui n'est pas du tout prouvé ? Que le siège et la prise de Jérusalem aient constitué une des plus effroyables catastrophes enregistrées par l'histoire, cela n'est pas douteux; mais que cette catastrophe ait entraîné la mort de plusieurs centaines de mille hommes, cela n'est guère croyable, cela n'est guère possible. Je me réserve d'ailleurs d'en donner plus loin la